Pêle-Mêle

Notre association soutenue par Patrick Bruel

Soutien Patrick Bruel Visionner l'extrait du concert :


Notre association invitée dans l'émission "Les Maternelles" du vendredi 16 mars 2011 sur France 5 ;

Un reportage également réalisé sur nos accompagnements.


Consulter le schéma des activités d'Enjeux d'Enfants



Lettre_2012_2 [lettre_2_mai2012]

Printemps 2012

La lettre d'enjeux d'enfants
Parents en prison, parents quand même

Édito

Guy Le Marié

Notre association est née en 1992 voici déjà 20 ans.

Cette année nous allons marquer cet anniversaire, un très grand merci à ceux qui ont eu l’initiative de mettre en place notre association et à tous ceux qui l’ont fait vivre, l’ont fait grandir et lui ont permis de s’adapter au fur et à mesure des évolutions, tout en sauvegardant les valeurs et la qualité d’intervention.
C’est aujourd’hui l’occasion de repréciser notre raison d’être.

ENJEUX D’ENFANTS Grand Ouest a été créée pour que soient prises en considération les incidences de l’incarcération sur la relation enfants parents.

Nous avons deux objectifs :

  • Une aide à la relation entre les enfants et leur parent incarcéré ou tout autre tiers incarcéré avec lequel il a entretenu des liens affectifs et éducatifs, susceptible de pouvoir bénéficier d’un droit de visite.
  • La promotion de toute action visant à informer, former, sensibiliser à propos des incidences de l’incarcération sur la famille.

Il s’agit de contribuer à ce que la suspension de la relation enfant-parent, provoquée par l’incarcération d’un ou des deux parents, ne soit dommageable ni à la construction et l’épanouissement de l’enfant, ni à l’investissement de son rôle par le parent.
En effet, la condamnation et l’incarcération d’un parent viennent mettre à mal de façon très particulière les places et les relations des enfants et de leurs parents.
Au-delà de la séparation familiale, la réalité d’actes prohibés et graves vient bouleverser les représentations de chacun.

Nous voulons :

  • Aider l’enfant à comprendre le sens de l’incarcération de ses parents et lui permettre de se repérer dans les émotions suscitées par ces événements.
    Nous sommes convaincus qu’il est nécessaire d’être particulièrement attentifs à ces enfants pour leur permettre de grandir avec cette histoire familiale et de les aider à trouver et faire respecter une place qui leur soit propre.
  • Permettre au parent d’interroger sa fonction parentale et d’envisager son réaménagement : « Comment faire pour être parent de là où je suis après ce que j’ai fait ? ».
    Cette démarche soutenue par Enjeux d’enfants vient étayer les perspectives de réinsertion du parent incarcéré.
    La mise à l’écart provisoire par l’incarcération ne doit pas venir rompre définitivement les liens et appuis dont il aura besoin pour retrouver sa place au sein de la société.

Depuis vingt ans, le projet de l’association continue à évoluer, il s’est petit à petit adapté :

  • Aux modifications des cadres juridiques, la loi pénitentiaire, les lois sur la protection de l’enfance, ….
  • A l’évolution des pratiques, les actions collectives, l’accompagnement en UVF,…
  • A l’arrivée de nouveaux bénévoles, salariés, qui doivent trouver leur place, et apporter leur contribution pour améliorer notre projet.

Le projet doit être vivant, mais il doit toujours s’appuyer sur les mêmes valeurs, les principes qui ont été mis en place dès la création de notre association :

  • Qualité de la relation
  • Respect du droit
  • Intérêt de l’enfant et responsabilisation du parent
  • Indépendance de nos orientations éducatives, mais dans un réel partenariat
  • Professionnalisation de notre intervention (formation, supervision)
  • Engagement de chacun dans ses missions propres dans l’association

Enjeux d’Enfants Grand Ouest est pleinement engagé, dans le cadre de ses délégations de service public, dans des actions de prévention.
Prévention pour l’enfant, en lui permettant de grandir et adulte, d'éviter toute forme de répétition. En lui permettant aussi de ne pas être envahi et pris dans des préoccupations d’adulte, et, de ce fait, de pouvoir s’insérer socialement et préserver son intégration sociale, scolaire et professionnelle.
Prévention pour le parent incarcéré, en lui permettant de garder son rôle de parent, de développer ses responsabilités parentales, d’éviter des ruptures familiales, c'est-à-dire travailler à sa réinsertion. Le meilleur garant contre la récidive est de maintenir les liens familiaux pendant l’incarcération.
S’engager dans notre association, c’est être acteur à part entière, pour contribuer avec tous nos partenaires à la mise en œuvre de la cohésion sociale.

Guy Le Marié, président d’Enjeux d’Enfants.

Sommaire

Rencontre avec...

Laurent Givord, président de Brin de soleil *

* Association issue de la fusion fin 2011 des associations l’Arc en ciel et Ti Tomm (maisons d’accueil de familles et proches de personnes incarcérées) à Rennes.

Laurent Givord

EE : En décembre dernier, L’Arc-en-ciel et Ti Tomm fusionnent pour donner naissance à une association unique. Quelles raisons président à cette opération ?

LG : Dans la mesure où ces deux entités avaient des objets très proches (accueil des familles avant et après les parloirs pour Ti Tomm au centre pénitentiaire de Rennes-Vezin et hébergement des familles pour L’arc-en-ciel à Rennes) il s’agissait avant tout d’un objectif stratégique visant à être plus visible, et par conséquent plus fort afin de mieux porter la parole des familles de personnes détenues. En outre, cette fusion permet une simplification administrative puisque nous ne constituons plus qu’un seul dossier de subvention par partenaire. D’ailleurs, nos financeurs nous ont encouragés sur cette voie.

EE : Il était question d’un rapprochement depuis plusieurs années. Qu’est-ce qui vous a décidé ?


LG : Le catalyseur a été le projet de création d’une maison d’accueil sur le modèle de Ti Tomm (la maison chaleureuse en breton – NDLR) au centre pénitentiaire des femmes de Rennes. L’affaire en est au stade du permis de construire et nous espérons que le lieu ouvre rapidement.

EE : Comment fonctionnera cette structure ?

LG : Dans la mesure où le CP Femmes ne fait pas appel à des prestataires de services, nous serons les seuls occupants de cette maison. Il va donc nous falloir recruter de nouveaux bénévoles pour la faire fonctionner même si nous savons qu’il devrait y avoir moins de demandes de parloirs chez les femmes.

EE : Quel premier bilan tirez-vous de la fusion ?

LG : Le principal point positif est qu’aujourd’hui, les bénévoles de Ti Tomm savent tous que L’arc-en-ciel existe et peuvent donc orienter les personnes qui habitent loin de Rennes vers cette structure. De fait, à dix euros la chambre pour une nuit, cela vient soulager le budget des plus modestes. En revanche, il est plus difficile, pour certains bénévoles, d’admettre qu’aujourd’hui nous devons avoir un seul logo, celui de Brin de soleil.

EE : Vous êtes également ancien président de la Framafad Grand Ouest (1) affiliée à l’Uframa. Les 31 mai et 1er juin 2013, l'UFRAMA organise deux journées d’étude sur le thème de « Nouvelles lois, nouveaux établissements, nouveaux partenaires. Quelles conséquences pour les familles et nos associations ? ». Pourquoi ce sujet ?

LG : Nous réalisons une enquête au niveau national; au niveau régional, nous avons réalisé une enquête auprès de 259 familles venant dans douze établissements de notre région : pour les parloirs en centre pénitentiaire (4), ils sont environ 60% à se plaindre des temps d’attente contre 20% en maison d’arrêt (8). Et sur ce sujet, l’établissement de Rennes-Vezin détient le triste record avec 66% de personnes mettant en avant cette attente. Par ailleurs, en moyenne Ti tomm enregistre quelques trois cents passages chaque jour et le samedi, ce chiffre monte à 400. Même si ces chiffres sont à diviser par deux car les visiteurs viennent souvent et avant et après le parloir, ne serait-ce que pour récupérer leurs affaires laissées dans les casiers, nos locaux sont incontestablement trop petits. Plus généralement, les parloirs des nouveaux établissements sont un peu plus grands et un peu plus confortables. Reste que du fait de la taille des nouvelles prisons, les temps d’attente sont gigantesques.

EE : Comment améliorer cela ?

LG : A Brin de Soleil, un groupe de travail vient de se constituer pour formaliser la remontée systématique de tous les dysfonctionnements constatés : famille refusée pour un léger retard, famille non prévenue d'un transfert, etc. Nous allons aussi commencer à réfléchir sur la place des familles dans l'association. Ainsi, serait-il possible de faire désigner ou élire des délégués des familles pour discuter avec l'établissement. Mais ce sont encore des idées assez vagues aujourd'hui.

EE : Quel regard portez-vous sur la prise en compte du maintien des liens familiaux par l’administration pénitentiaire ?

LG : Aujourd’hui, c’est une préoccupation mieux prise en compte. Avant, dans les anciennes prisons, il n’y avait pas de lieu d’accueil pour les familles. Malgré toutes nos réticences face à la montée en puissance des prestataires privés dans le secteur de la justice, je reconnais qu’ils sont au moins là pour accueillir les familles quand les associations n’y sont pas. Enfin, la circulaire « doudou » qui est le résultat d’une revendication de l’Uframa a permis d’étoffer la liste des objets admis en parloir.

Propos recueillis par Nathalie Bougeard
(1) Fédération régionale des associations des maisons d’accueil des familles et des amis de détenus.

En savoir plus : site internet Brin de soleil >

Arrêt sur...

Le projet de Noël 2011
Pour les pères incarcérés au Centre pénitentiaire de Rennes-Vezin et leurs enfants

Les pères incarcérés et leurs enfants

En décembre 2011, l’association Enjeux d’Enfants, en partenariat avec l'établissement de Rennes – Vezin (la Direction et le Service d’Insertion et de Probation) et l’association Ti Tomm, a reconduit le projet « Ateliers et spectacle de Noël ». Ce projet, déjà mis en place en 2009 et en 2010 a pour objectif de proposer un temps d’échanges et de partage privilégié entre des pères et leur(s) enfant(s) en dehors des murs du centre pénitentiaire.
En amont de la journée spectacle du 22 décembre, 5 pères du CD et 7 pères de la MA ont participé aux ateliers de confection de cadeaux destinés à leurs enfants. C’est plus que l’année dernière, mais 6 places sont restées vacantes. Ces ateliers, encadrés par des intervenants d’Enjeux d’Enfants et un artiste-plasticien, ont permis aux pères de fabriquer des tee-shirts imprimés, des réalisations (prénoms d’enfants) en terra cota, des porte-clés pour leur(s) enfant(s). C’était aussi l’occasion pour eux d’échanger au sujet de leurs enfants, de discuter de leur manière d’être père en détention, de se rappeler leur vie quotidienne avec leur(s) enfant(s) avant l’incarcération.
Le 22 décembre, les pères et leur(s) enfant(s) ont pu investir la salle de la maison de retraite du clergé mise à leur disposition pour l’occasion, juste derrière la prison. 10 pères incarcérés sur 12 ont pu obtenir une permission exceptionnelle pour sortir ce jour-là de 10h à 17h.

14 enfants âgés de 4 à 16 ans, venant d’Ille et Vilaine et des départements limitrophes, ont pu profiter de leur père de 13h30 à 17h.

La journée a débuté, pour les pères, à 10h. Ils ont été accueillis à la maison d’accueil des familles Ti Tomm, ce qui leur a permis de voir les lieux que fréquente leur famille avant les visites en parloir, et de rencontrer les personnes susceptibles de les recevoir, de les écouter. Les pères se sont ensuite dirigés vers la salle pour la décorer, pour finaliser leurs cadeaux et pour partager avec les intervenants d’Enjeux d’Enfants et les comédiens un repas confectionné par des détenus, et offert par GEPSA.

Les pères incarcérés et leurs enfants

Les enfants sont arrivés à 13h30. Ils ont pu s’amuser avec leurs pères autour de grands jeux en bois, loués au CIAS de Mordelles, profiter d’un temps de spectacle mis en place par la troupe Josselin Pariette et partager un goûter. Cet après-midi était particulièrement apprécié par les enfants et leurs pères.


A 16h, enfants et pères ont repris le chemin de Ti Tomm pour retrouver les mamans, les familles qui les attendaient. Le retour en détention s’est fait dans le calme vers 17h.
Cette journée, riche en émotion et en joie, était l’occasion pour tout le monde de se voir en-dehors des murs. Le fait de passer la journée sans même percevoir le centre pénitentiaire a pu permettre à chacun d’oublier l’espace d’un instant la prison qui les sépare. Et pour certains des pères, il s’agissait de la première fois.
L’ASDASS, GEPSA, Ti Tomm, le Secours Catholique, Enjeux d’Enfants et le SPIP ont participé, financièrement et de manière organisationnelle, à ce projet.

Les pères incarcérés et leurs enfants


Ont également participé au projet, la Ligue de l’Enseignement pour le choix de spectacle, l’Association de Montigné pour la mise à disposition de la salle de la maison de retraite du clergé, et enfin, le CIAS de Mordelles pour la présentation et la location des jeux.
Nous remercions ces partenaires sans lesquels nous n’aurions pu, une fois encore, réaliser ce projet. Nous pensons bien le reconduire en décembre 2012, et espérons pour cela que l’ensemble des partenaires se mobilisera de nouveau.

Pauline DUBOIS, éducatrice spécialisée en formation
Valérie TROADEC, éducatrice spécialisée

On travaille sur... les 20 ans d’Enjeux d’Enfants

« Vivre et grandir avec un parent en prison »

A l'occasion de ses 20 ans, Enjeux d'Enfants souhaite attirer le regard et l'attention du plus grand nombre sur les problématiques du maintien des liens familiaux en prison.
Sous forme d'un événement anniversaire, l'association envisage deux actions qui se dérouleraient au cours du dernier trimestre 2012.

  • Une soirée conférence débat
  • Un projet théâtre

Un programme détaillé vous sera envoyé en septembre prochain, mais si vous voulez d’ores et déjà en savoir plus…

La soirée Conférence - Débat

Elle aura lieu à la Maison des associations à Rennes, le mardi 9 octobre 2012 en soirée (horaire à préciser).

La soirée s'inscrira dans une dynamique de travail en partenariat avec l'administration pénitentiaire, des partenaires locaux et nationaux, et portera sur la question du maintien des liens familiaux : quelles évolutions ces dernières années ? Quels constats, quelles difficultés ? Quelles propositions pour l'avenir ? …
Une table ronde est envisagée, réunissant le sociologue François de Singly, président d’honneur de notre association ; Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté ; Jeannette Favre, présidente de l’UFRAMA, un représentant de l’administration pénitentiaire et un représentant de l’association Enjeux d’Enfants.

Cette table ronde sera bien sûr l'occasion d'ouvrir des échanges avec le public.

Projet Théâtre

Toujours dans l'idée de sensibiliser un large public, cet événement anniversaire est une occasion de réaffirmer notre volonté de toucher aussi un jeune public aux problématiques de notre association. Nous nous sommes donc engagés, en partenariat avec la MJC Antipode de Rennes et la compagnie « Troisième acte », dans l'élaboration collective d'un projet théâtral.

Une pièce sur le thème du maintien des liens familiaux dans le contexte de l'incarcération a été écrite spécifiquement pour cet événement par la comédienne Catherine Vigneau, de la compagnie « Troisième acte » : elle résulte d'échanges avec les intervenants bénévoles de l'association Enjeux d'Enfants et de lectures issues en partie des ouvrages de référence de l’association.

Cette pièce est actuellement mise en scène sous la direction de Jérémy Robert au sein d'un atelier mixte, composé de 5 adolescents et 4 adultes, issus des ateliers de théâtre proposés par l'Antipode et la Paillette. Ce groupe a commencé à travailler durant toute une semaine en avril, dans un enthousiasme communicatif, mais aussi avec beaucoup de sérieux et d’investissement dans le projet et le sujet en lui-même. Cela a également été l’occasion d’une rencontre avec plusieurs membres de notre association. Cette rencontre a été très appréciée de part et d’autre, et a permis aux comédiens d’interroger les intervenants d’Enjeux d’Enfants sur la réalité du monde carcéral , afin d’ajuster au mieux leur interprétation et leurs pratiques.

La diffusion de la pièce :

Deux représentations auprès du public rennais sont envisagées au théâtre de la Paillette: auprès d’élèves collégiens et lycéens, dont les élèves du collège de Cleunay en journée, et auprès d’un public plus « large » en soirée.
A l’issue des représentations, un temps d’échange est envisagé avec les acteurs du projet, mais aussi sans doute avec des partenaires de l’administration pénitentiaire notamment. Ces représentations auront lieu le vendredi 12 octobre (horaires à préciser).
Une réflexion est engagée au sein des établissements scolaires concernés, avec un travail consistant à proposer un outil pédagogique adapté aux programmes d’éducation civique des élèves.

Des représentations « délocalisées » sont également envisagées hors Ille et Vilaine.

Agenda

Images de justice

9ème édition du festival Images de Justice
Du 21 mai au 1er juin 2012, organisé par Comptoir du doc - Rennes

Une programmation dédiée aux films questionnant la justice, des rencontres avec les cinéastes mais aussi avec les professionnels de l'institution judiciaire.

Pour connaître la programmation >

 

Le déménagement

Diffusion du film documentaire « Le déménagement », de Catherine Réchard
Les 10 et 11 mai 2012 à 18h au cinéma l’Arvor - Rennes

La diffusion de ce documentaire aura lieu en présence de la réalisatrice.

En savoir plus >

Dis il est où papa ?

Parentalité & détention « Dis,il est où papa? »
Vendredi 11 mai 2012 - Genève

Réflexion sur les secrets autour de la détention.
Vendredi 11 mai 2012
Salle Centrale de la Madeleine
Rue de la Madeleine 10
1204 Genève

Organisé par l'association Carrefour Prison.

En savoir plus >

Pêle-mêle... documentaires et site internet

A l’ombre de la république
Stéphane Mercurio – France - 1h 40min - 2011

A l'ombre de la république

Pour la première fois, après trois ans d’existence, le CGLPL (Contrôleur général des lieux de privation de liberté), Jean-Marie Delarue, accepte qu’une équipe de tournage le suive dans son travail, minutieux, essentiel de contrôle des droits fondamentaux dans les prisons, hôpitaux psychiatriques, commissariats… Stéphane Mercurio a suivi une quinzaine de contrôleurs. Leurs lieux de mission : la maison d’arrêt des femmes de Versailles, l’hôpital psychiatrique d’Evreux, la Centrale de l’île de Ré, et enfin la toute nouvelle prison de Bourg-en-Bresse. Pendant ces quelques semaines d’immersion à leurs côtés au cœur des quartiers disciplinaires, dans les cours de promenade des prisons ou dans le secret des chambres d’isolement, un voile se lève sur l’enfermement et la réalité des droits fondamentaux en ces lieux..

Qu'est-ce que le CGLPL ?

Le Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté (CGLPL) est une autorité administrative indépendante toute jeune, ayant débuté son activité le 13 juin 2008. Le CGLPL rassemble aujourd’hui une équipe d’une trentaine de contrôleurs, nommés par le Contrôleur général, et venus d’horizons professionnels très variés.
Chaque contrôleur apporte son expérience et sa connaissance des lieux de privation de liberté dont on estime aujourd’hui le nombre en France entre 5 000 et 6 000 (dont des prisons, des hôpitaux psychiatriques, des locaux de garde à vue, etc.). La mission du CGLPL est de veiller au respect des droits fondamentaux des détenus : droit à la dignité, à la liberté de pensée et de conscience, au maintien des liens familiaux, aux soins, au travail, à la formation, etc. Une autorité peu connue, mais très importante dans la tenue des établissements français, comme le montre bien le documentaire.

L'équipe de contrôleurs du CGLPL est composée de personnes de tous bords. On y trouve aussi bien des médecins ou des directeurs d’hôpitaux, que des commissaires divisionnaires de police, des magistrats, des responsables d'associations humanitaires, des généraux, un administrateur de l'Assemblée nationale, un aumônier…

Les origines du film

La réalisatrice Stephane Mercurio nous explique l'origine de ce documentaire : "En 2008 sortait mon film A côté, sur les familles de détenus. Lors d’une projection au Sénat, Jean-Marie Delarue, tout juste nommé contrôleur général des lieux privatifs de liberté, était présent. Quelques mois plus tard, nous nous sommes rencontrés. Il avait toujours refusé la présence de toute caméra. L’idée d’un film documentaire à la fois sur le contrôle et sur l’enfermement a séduit le contrôleur général", se rappelle-t-elle, en poursuivant : "A ses yeux, le film précédent était la garantie que je saurai respecter ceux qui nous ferons confiance. Dès ce moment, ma liberté fut totale et son engagement sans faille. Pendant plusieurs semaines, j’allai rencontrer les contrôleurs, travailler avec eux, les suivre, etc."

Un projet difficile à mettre en place

Le film a nécessité énormément de préparation, le sujet étant sensible, et les autorisations difficiles à obtenir. Après avoir passé plusieurs semaines avec les contrôleurs du CGLPL, la réalisatrice a écrit le scénario en avril 2010, et le tournage débuta en octobre de la même année.

Des détenus floutés ?

Pour le tournage, les détenus le souhaitant ont pu témoigner à visage découvert, un fait par la suite contesté par l'administration carcérale. En cause, l'article 41 de la loi pénitentiaire, qui pousse les établissements à flouter ou non les visages sans véritable raison, au mépris des choix et des droits des détenus. Comme l'explique Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, qui regrette ces agissements : "Pouvoir exercer son droit à l’image, c’est reprendre possession de soi ; c’est participer à un premier acte de sa propre réinsertion."

Pour en savoir plus : www.alombre.fr >

 

Le déménagement
Catherine Réchard – France - 54’ - 2011

Le déménagement

A Rennes, comme dans d’autres villes françaises la Maison d’arrêt construite au début du 20e siècle déserte le centre ville au profit d’un Centre Pénitentiaire de 690 places en périphérie.

Alors que le déménagement approche, les personnes détenues et les personnels ont une seule et même question : que sera la vie dans cette nouvelle prison ?

Dans les deux établissements, le film s’interroge avec les personnages, sur la façon dont l'architecture interfère dans le mode de fonctionnement d'une prison et le lien entre la modernisation des locaux et l’amélioration de la vie en détention.

Au-delà de la prison, il questionne le postulat selon lequel, nouveauté et avancée technologique signifient nécessairement, mieux-être et progrès.

Pour en savoir plus sur le film, voici le lien vers la maison de production du documentaire :
www.candela-productions.fr >

 

Séances prévues :

L'Association des Etudiants en Droit de la Santé (AEDS) et la société de productions de films documentaires Candela organisent deux rencontres, les jeudis 10 et vendredi 11 mai 2012, à 18h, autour de la thématique de la situation des détenus en France, à l'occasion de la diffusion du documentaire Le déménagement de Madame Catherine Réchard, au cinéma L'Arvor, dans la semaine du 9 au 15 mai 2012.

 

Carceropolis
Le site internet

www.carceropolis.fr >

Comment fonctionnent les prisons françaises ? Comment se définit la population carcérale (et la surpopulation) ? Quel est le sens et l’efficacité en terme de récidive des peines d’emprisonnement ?
A travers un ensemble de ressources multimédia, Carceropolis souhaite présenter une vision «réaliste » de l’univers carcéral, loin des caricatures et de l’imagerie qui font rimer banditisme et romantisme, exclusion et dissuasion. Leur objectif est de sensibiliser le grand public à ces questions, de donner un certain nombre de clefs pour que chacun puisse mener sa réflexion.
A l’origine du projet, l’engagement bénévole de citoyens, sans lien apparent avec la prison, mais convaincus que ce sujet central du vivre ensemble mérite mieux que les éphémères feux de la rampe médiatique.

Pour les contacter : info@carceropolis.fr >

C'est dit !

« Les modalités des visites doivent permettre aux détenus de maintenir et de développer des relations familiales de façon aussi normale que possible » et « les autorités pénitentiaires doivent aider les détenus à maintenir un contact adéquat avec le monde extérieur et leur fournir l’assistance sociale appropriée pour ce faire ».

Extrait des règles pénitentiaires européennes (règles 24.4 et 24.5), repris dans le Bulletin officiel du Ministère de la justice et des libertés, dans la circulaire du 20 février 2012 relative au maintien des liens extérieurs des personnes détenues par les visites et l’envoi ou la réception d’objets.

Cette circulaire précise d'importants points sur ces sujets, notamment :

  • les conditions d'obtention des permis de visite,
  • les modalités des visites (parloirs, Unité de vie familiale...),
  • l'envoi et la réception d'objets.

Consulter la circulaire dans son intégralité >

Le chiffre

12 h

C’est la durée de certaines journées d’accompagnement d’enfants en parloirs par nos intervenants. Cette année, le nombre d’accompagnements a sensiblement augmenté et les trajets sont parfois très longs, du fait de l’éloignement géographique entre le lieu de vie de l’enfant et le lieu d’incarcération du parent.

Mais, comme le dit Claude, intervenant bénévole à Enjeux d’Enfants, « pour moi, "ce temps qui coûte" n'est pas "un temps mort" dans la prise en charge d'Enjeux. L'intervention commence dès que je m'organise pour aller retrouver le jeune à la gare. »

CARTE des déplacements

Carte des déplacements

Cette carte représente les déplacements effectués par les enfants que nous avons suivis en 2011. Deux chiffres sont indiqués : celui qui figure dans les ronds correspond aux trajets pris en charge logistiquement et souvent financièrement par l’association.

Accéder au rapport d’activité >

À propos des déplacements – l’engagement des intervenants bénévoles

Quand un projet de rencontre est pensé, et pour permettre le travail d’accompagnement de la relation, il faut aussi trouver les solutions logistiques et matérielles, sans quoi ces aspects deviendraient des freins importants à la relation.
La part du parent incarcéré est celle de sa participation financière au billet de l’enfant qu’il demande à voir. La part du parent à l’extérieur peut également être financière (sur le prix du billet, du financement du repas) ou logistique (en rapprochant l’enfant). A noter l’effort que cela représente pour des mères en conflit ou séparées depuis des années et qui subissent complètement cette situation. Idem pour les services sociaux, dans le cas où les enfants leur sont confiés.
Cette année, l’activité en hausse, que nous avions anticipée en « recrutant » et formant de nouveaux intervenants bénévoles, s’est faite sentir par une sollicitation et une mobilisation accrue des intervenants, fil rouge auprès des familles, et « tisseurs de liens » dans nos missions. C’est pour chacun d’eux 1 à 3 familles accompagnées. La majorité des suivis (voir chiffres) se déroule hors départements. Dans ces cas bien souvent, le rythme de rencontre est d’une fois par vacances scolaires et les trajets sont assurés par nos intervenants à partir de l’Ille et Vilaine ou de la Sarthe.

Quelques exemples :

  • Régis, qui donne rendez-vous à Elliot toutes les 3 semaines, accueille l’enfant à la gare du Mans à 10h15 et le ramène à 18h au Mans (à moins qu’il y ait une rencontre avec sa mère incarcérée en UVF, et dans ce cas, le rendez-vous est fixé à 7h, pour un retour à 19h passées).
  • Les intervenants manceaux, qui cumulent leurs suivis du Mans vers Rennes ou du Mans vers Caen, à chaque vacances scolaires, depuis 3 à 7 ans. Ils donnent rendez-vous aux enfants à la gare du Mans ou à la gare d’Alençon et accompagnent les enfants par voiture-train-bus, sur la journée (rendez-vous à 11h - retour à 20h).
  • Les intervenants rennais que l’on pourrait tous citer, comme Eliane et Valérie qui ont, pendant 3 ans, donné rendez-vous aux familles d’accueil d’une fratrie de 3 enfants des Côtes d’Armor sur un parking d’une aire d’autoroute de l’axe Rennes – Caen, à chaque vacance scolaire, puis 4 à 5 fois par an.
  • Marie, qui a fait jusqu’à 4h de route pour aller chercher une petite fille, l’accompagner voir son père et la ramener.
  • Elisabeth, qui est « fil rouge » auprès de la petite Amandine, entame sa 3ème année d’accompagnement. Elle donne rendez-vous près de Lamballe à sa famille d’accueil qui vient des Côtes d’Armor. Elle mange avec eux, conduit l’enfant jusqu’à Caen, la ramène à Rennes où un taxi social raccompagne l’enfant pour plus d’une heure de route encore. Pour tenir sur des années, il faut trouver un arrangement financier et un adulte prêt à accompagner l’enfant.

Si la part d’Enjeux d’Enfants est financière et logistique, soutenir la parentalité et le droit des enfants à être en relation avec leur parent passe aussi par la nécessité qu’un adulte accepte de s’engager auprès d’une famille, à prendre du temps pour et près d’eux, avec eux. Quelqu’un qui accepte de faire le trajet et d’accompagner l’enfant quand il en a besoin, ou le parent. Qu’il accepte de partager des moments d’intimité et de s’engager personnellement dans ces rencontres, à une juste place. Qu’il accepte le regard d’une équipe sur lui et ses actions. Sans cet engagement de nos intervenants, il n’y aurait pas de soutien à la parentalité, quelles que soient les actions collectives proposées.
La séparation est physique et relationnelle. Il faut un tiers qui vienne tisser ou dénouer des relations enfant-parent éloignées, empêchées, fragilisées. Nous pouvons nous appuyer sur notre équipe d’intervenants, qui bénévolement, apportent tout leur professionnalisme et leur engagement aux familles qui nous sollicitent ; pendant qu’à un autre niveau d’autres bénévoles, au Conseil d’Administration, recherchent les directions qui permettent aux premiers de continuer leurs missions.

Marine BREHIER, éducatrice spécialisée

Témoignage de Claude

Accompagnement de Théo, de la gare du Mans au centre de détention de Caen, 1 fois par vacances scolaires depuis 4 ans :
« Du fait de la distance entre le lieu de vie des enfants – la Sarthe – et le lieu de détention de leur parent – CAEN –, chaque intervention nécessite au moins le double du temps de rencontre en accompagnement du déplacement. D’expérience, je constate que ce temps – généralement passé en train et bus – est, lui aussi, très important dans notre prise en charge : avant la rencontre, l’attention que je porte à cet enfant lui permet d’évoquer avec moi ce qu’il a envie d’aborder avec son parent. C’est aussi pour lui « un temps de transition accompagné » entre son cadre de vie quotidien et l’univers particulier du parent qu’il rencontre. Il en est de même durant le retour où l’on peut échanger sur ses ressentis, continuer d’accompagner ses émotions, faire lien avec certains éléments de cette histoire particulière qui s’articule au fil du temps.
Pour moi, "ce temps qui coûte" n'est pas "un temps mort" dans la prise en charge d'Enjeux. L'intervention commence dès que je m'organise pour aller retrouver le jeune à la gare. »

Lectures

L’association organise cette année trois sessions de formation pour ses partenaires sur la thématique des secrets. Une partie de la bibliographie de cette newsletter de printemps reprend les ouvrages conseillés lors de ces sessions.

Lectures adultes

Lectures

Aïe, mes aïeux !
Anne ANCELIN-SCHÜTZENBERGER – Desclées de Brouwer – La Méridienne, Ed° élargie 2002

Anne Ancelin Schützenberger livre dans cet ouvrage, à travers son analyse clinique et sa pratique professionnelle de près d'une vingtaine d'années, une "thérapie transgénérationnelle psychogénéalogique contextuelle". En langage courant, ceci signifie que nous sommes un maillon dans la chaîne des générations et que nous avons parfois, curieusement, à "payer les dettes" du passé de nos aïeux. C'est une sorte de "loyauté invisible" qui nous pousse à répéter, que nous le voulions ou non, que nous le sachions ou pas, des situations agréables ou des événements douloureux. Nous sommes moins libres que nous le croyons, mais nous avons la possibilité de reconquérir notre liberté et de sortir du destin répétitif de notre histoire, en comprenant les liens complexes qui se sont tissés dans notre famille.

Ce livre passionnant et truffé d'exemples s'inscrit parmi les toutes récentes recherches en psychothérapie intégrative. Il met particulièrement en évidence les liens transgénérationnels, le syndrome d'anniversaire, le non-dit-secret et sa transformation en un "impensé dévastateur".

Lectures

Secrets de famille, Mode d’emploi
Serge Tisseron - Marabout - 1996

Combien de parents dont l’enfant « va mal » seraient très étonnés d’apprendre que son comportement peut-être lié à un secret, caché deux générations auparavant pour ne pas « inquiéter inutilement » les descendants ! Qu’est-ce qu’un secret de famille ? Comment se découvre-t-il ? Quel trouble peut-il transmettre ? Ce livre, clair et positif, raconte et explique comment les secrets de famille peuvent agir sur plusieurs générations. Et l’auteur nous donne un mode d’emploi des secrets : comment aller à leur rencontre et éviter ainsi qu’ils ne pèsent sur le destin de nos enfants.

Lectures

Le secret professionnel en travail social et médico-social
Jean-Pierre ROSENCZVEIG, Pierre VERDIER – DUNOD – 2008

Les travailleurs sociaux constituent une profession particulièrement sensible à la problématique du secret professionnel, dans la mesure où ils interviennent dans des cas de délinquance, maltraitance, violence, etc. L'ouvrage, conçu sur le principe d'un guide pratique en 100 questions, leur offre les principales bases juridiques et traite de l'ensemble des situations professionnelles relevant de ce thème.

Lectures enfants

Lectures

Le petit livre pour mieux vivre les secrets de famille
Serge Tisseron – Bayard Jeunesse - 2007

Chacun a ses secrets. Les " bons " secrets nous rendent heureux, les " mauvais " nous pèsent, et ils pèsent aussi souvent sur nos proches. Quand les parents sont préoccupés par un secret douloureux, les enfants le sentent toujours... A travers de nombreux exemples, Serge Tisseron montre aux enfants et à leurs parents comment y faire face et libérer la parole en famille.

Lectures

Hier encore, mon père était mort
(première parution sous le titre « Un secret de famille », J’ai lu - 2003)
Mikaël Ollivier – Editions Thierry Magnier, 2006

Il est bientôt minuit et Mathieu, treize ans, repasse dans sa tête les trois jours qui ont fait basculer son existence. Tout a commencé par une lettre qu'il n'aurait jamais dû lire, quelques lignes signées Ton père qui t'aime. Sauf que son père, Mathieu ne l'a jamais connu. Pourquoi lui a-t-on dit qu'il était mort peu de temps après sa naissance ? Qui est cet homme dont l'adolescent ne sait rien mais qui sait tout de lui ?... Dans quelques minutes ce sera demain, et pour Mathieu, s'il l'accepte, une nouvelle vie qui commence.

Lectures

Tim et le bracelet mystérieux
livret édité par l’UFRAMA (Union nationale des fédérations régionales
des associations de maisons d'accueil de familles et proches de personnes incarcérées)

L’UFRAMA a réalisé un carnet destiné aux enfants ayant un de leurs parents placé sous surveillance électronique (PSE). Ce livret s’inscrit dans la continuité des préoccupations de l’UFRAMA à l’égard des enfants dont un des parents est placé sous main de justice. Il fait suite aux éditions précédentes de deux "carnets de l’enfant" destinés aux enfants ayant un parent incarcéré :

  • Tim et le mystère de la patte bleue pour les enfants de 3 à 7 ans, édité en mars 2008,
  • Avoir un parent en prison pour les enfants de 7 à 11 ans, édité en juin 2009. Ce livret est disponible auprès de l'Uframa.

Le bracelet électronique qui permet à une personne d’éviter l’incarcération est un dispositif a priori favorable pour préserver les relations familiales. Celui-ci toutefois n’est pas sans conséquence pour les proches. La surveillance de la personne se déplace du lieu de détention vers la sphère privée pour s’effectuer à distance au cœur même de la famille. Le père ou la mère sous PSE est physiquement présent au domicile sans être totalement libre de ses mouvements. Le bracelet électronique a un impact pour la personne qui le porte mais également pour l’entourage et en particulier pour les enfants.

Ce livret mis à disposition de la famille apparaît un moyen pour les parents d’engager un dialogue avec l’enfant. Il se propose d’être un support d’échange entre l’adulte et l’enfant : support pour l’adulte qui a besoin d’être épaulé dans sa démarche et support pour l’enfant qui peut demander des éclaircissements et exprimer ce qu’il ressent du fait de la situation d'un de ses parents placé sous surveillance électronique.