Pêle-Mêle

Notre association soutenue par Patrick Bruel

Soutien Patrick Bruel Visionner l'extrait du concert :


Notre association invitée dans l'émission "Les Maternelles" du vendredi 16 mars 2011 sur France 5 ;

Un reportage également réalisé sur nos accompagnements.


Consulter le schéma des activités d'Enjeux d'Enfants



Lettre_2012_2 [lettre_2_mai2012]

Printemps 2013

La lettre d'enjeux d'enfants
Parents en prison, parents quand même

Édito

Guy Le Marié

L'année 2012 a été particulièrement riche, marquée par une activité soutenue, un temps fort :
- nos 20 ans
- une réflexion opérationnelle sur le devenir de l'association dans les 10 prochaines années
- et les orientations 2013, fruit de cette démarche prospective.

L'année 2012 a également été une année « pleine » : pleine de réalisations et pleine de promesses pour l'avenir.

Nous tenons à remercier chaleureusement tous les intervenants salariés et bénévoles pour leur très forte implication dans les divers aspects de la vie d'Enjeux d'Enfants, nos partenaires de l'Antipode et de la Compagnie 3ème acte pour leur collaboration dans le cadre des 20 ans et l'ensemble des partenaires avec qui nous avons travaillé cette année.

Enfin, merci à toutes les personnes et les organismes nous ayant soutenus financièrement, et en particulier nos interlocuteurs des différentes fondations.

Nos orientations pour 2013 :

L'année 2013 s'annonce à nouveau riche, la dynamique est lancée ! Nous souhaitons développer l'association en nous donnant les moyens pour faire face aux besoins qui apparaissent :

  • Répondre aux détenus qui formulent des demandes malgré leur situation familiale souvent très complexe.
  • Rechercher les solutions aux attentes des nouveaux centres pénitentiaires : Condé sur Sarthe, Argentan...
  • Travailler sur les conditions d'accueil dans les parloirs, permettre au maximum que les enfants et leurs parents puissent bénéficier de jeux.
  • Développer des actions collectives dans tous les lieux d'incarcération où nous intervenons et où des besoins apparaîtraient et adapter ces actions au contexte particulier de chacun.
  • Formaliser le nouveau projet : « Accompagnement dedans-dehors », l'expérimenter dans l'année et évaluer comment cette action peut venir intégrer plus fortement la problématique familiale au sein des dynamiques d'insertion sociale des détenus, afin de renforcer leur efficacité et ainsi prévenir les risques de récidive.
  • Formaliser et mettre en œuvre des actions de sensibilisation auprès du public scolaire et proposer une démarche citoyenne pour ce jeune public.
  • Participer à une recherche, avec Brin de soleil et l'université, et organiser des groupes de parole d'enfants ayant un parent incarcéré.

Toutes ces actions ne seront rendues possibles et n'auront du sens que dans une dynamique partenariale, que nous devons toujours construire. Pour cadrer ces relations nous allons travailler à la rédaction de conventions organisationnelles (qui fait quoi ?) et aussi financières avec nos différents partenaires.

Nous devons développer les moyens humains pour les réaliser et l'organigramme doit évoluer en ce sens.

Ceci ne sera bien sûr réalisable qu'avec un soutien financier accru. Pour cela, nous devons montrer de manière plus lisible l'ensemble de nos actions, et élaborer des indicateurs d'activité tant pour les demandes de subvention que pour l'évaluation de nos actions.

C'est une fois toutes ces conditions remplies que notre association accomplira vraiment ses fonctions d'insertion sociale de l'enfant mais aussi du détenu : fonction de prévention pour éviter les répétitions intergénérationnelles pour l'enfant et fonction de prévention pour le détenu dans la lutte contre la récidive.

Nous nous considérons comme un véritable acteur de la cohésion sociale et nous voulons travailler à le valoriser notre rôle, pour que nos partenaires nous considèrent également comme tel.

Guy Le Marié, président d’Enjeux d’Enfants.

Sommaire

Rencontre avec...

Charlène Le Glatin, déléguée régionale du Génépi pour le Grand Ouest (1)

Le Génépi, mouvement qui intervient en détention pour des cours de soutiens et des activités culturelles, multiplie les actions de sensibilisation du public.

Charlène Le Glatin
« Toute nouvelle recrue démarre par un week-end de formation obligatoire ».

EE : Depuis quand occupez-vous ce poste et que recouvre-t-il ?

C LG : Je suis génépiste depuis septembre 2010. Au terme de la première année, j'ai été élue responsable de groupe, en charge des relations avec l'administration pénitentiaire sur le site de Vezin. Parallèlement, la deuxième année, je me suis investie au centre de détention des femmes, notamment à la nurserie. A l'issue de ces deux années, le Génépi a retenu Benoît Trulla et moi-même aux postes de délégués régionaux pour le Grand Ouest. Il s'agit d'un service civique d'une durée d'un an. Nous sommes tous les deux basés à Rennes, dans un bureau sur le site de la prison des femmes, mis à notre disposition par la direction interrégionale de l'administration pénitentiaire.

EE : Quelles actions mène le Génépi ?

C LG : D'une part, nous organisons des ateliers pour les détenu(e)s. Par exemple, au centre pénitentiaire de Rennes-Vezin, nous animons autant de cours de soutien scolaire ou de FLE (NDLR – français langue étrangère) que d'activités culturelles. Cela va des cours de guitare, en passant par les arts plastiques, le piano, les maquettes ou encore les jeux de société. Chez les femmes, en nurserie, il y a toujours une activité couture et loisirs créatifs qui permet aux mères d'embellir leur chambre-cellule. L'an passé au deuxième semestre, il y a eu danse-country. D'autre part, nous organisons des actions de sensibilisation du public. L'ISP (information-sensibilisation du public) s'adresse parfois à des scolaires ou à des étudiants et d'autres fois, elle vise le grand public.

EE : Combien de membres comptez-vous et quelles actions de formation proposez-vous aux bénévoles ?

C LG : Nous sommes 220 génepistes dans la région Ouest. Dans la mesure où il s'agit d'un mouvement étudiant, le turn over est élevé. Aussi, la formation des bénévoles constitue-t-elle un point important mais difficile. Quoiqu'il en soit, toute nouvelle recrue démarre par un week-end de formation obligatoire au cours duquel trois ateliers se succèdent : l'intervention en détention, l'information-sensibilisation du public et les règles de sécurité en détention. Ensuite, tout au long de l'année, notre mouvement organise des événements d'ampleur nationale comme par exemple la journée prison-justice qui réunit 1 200 personnes dont 60 intervenants mais aussi des week-ends de formation nationaux ou régionaux. Y participer est fortement conseillé mais nous ne pouvons pas obliger nos adhérents. Par exemple, le dernier week-end que nous avons mis en place dans l'Ouest s'est déroulé en mars dernier à Brest. Il traitait de la santé en détention et a rassemblé une centaine de participants. Soit un score de 1 Génepiste sur 2, ce qui prouve bien la motivation des adhérents.

EE : À l' occasion des Journées Nationales des Prisons, vous avez mené avec Enjeux d'Enfants et Ti Tomm une action commune de sensibilisation. Quel bilan en tirez-vous ?

C LG : Excellent. La pièce de théâtre dont Enjeux d'Enfants est à l'initiative (On m'appelait Lenka - NDLR) constitue un excellent support. Grâce à cette pièce qui raconte l'histoire d'une adolescente dont la mère est en prison, les jeunes peuvent se projeter, imaginer que ça pourrait leur arriver. Ca les accroche énormément, beaucoup plus que d'écouter des grandes personnes venues faire une intervention en classe. Cela étant, avant chaque représentation, avec un membre d'Enjeux ou de Ti Tomm, nous intervenions auprès de ce public et idem après la représentation. Après une intervention en milieu scolaire, nous nous demandons à chaque fois, si les jeunes parlent ensuite de ce qu'ils ont vu, entendu, compris. Avec cette pièce, nous sommes convaincus qu'ils l'ont fait. Et comme il s'agissait d'une sortie scolaire, leurs parents étaient informés et leur ont vraisemblablement posé des questions le soir.

EE : Et pour la soirée Dazibao à Rennes organisée dans l'ancienne maison d'arrêt Jacques Cartier ?

C LG : Là encore, le bilan s'avère très positif. Nous avons été surpris par l'intérêt du grand public pour cette question. Cela nous a permis de toucher énormément de gens et qui plus est, venant de milieux très différents.

EE : Quels sont les prochains chantiers du Génépi ?

C LG : Nous essayons de remonter des groupes dans les villes où aujourd'hui nous ne sommes plus présents. Cela se fait notamment par l'opération VAO, Vacances à l'ombre. Dans la mesure où pendant les vacances scolaires, presque toutes les activités cessent en détention, nous essayons de pallier ce creux. Pendant trois ou quatre jours, le matin et l'après-midi, des Génépistes interviennent auprès des détenu(e)s. Et le soir, nous organisons des opérations de sensibilisation du public afin de recruter de nouveaux volontaires. En ce moment, nous négocions avec Le Mans pour intervenir au centre éducatif fermé et nous avons pris des contacts avec la direction de la maison centrale d'Alençon.

Propos recueillis par Nathalie Bougeard

(1) Ce découpage réunit la Basse-Normandie, la Bretagne et les Pays de la Loire. Génépi est présent dans 8 des 13 villes qui ont des maisons d'arrêt ou des centres pénitentiaires.

Arrêt sur... les 20 ans !

Les 20 ans d'Enjeux !

Il y a déjà 20 ans que se réunissait à Rennes une petite équipe de bénévoles créant une association pour participer à l'organisation des relations familiales dans le cadre de l'incarcération. Depuis lors, nous n'avons eu de cesse de travailler à professionnaliser nos actions.

Plusieurs événements ont donc été organisés à l'occasion de cet anniversaire :

Le 9 octobre 2012, conférence :

Les 20 ans d'Enjeux !

Nous avons réuni, à la Maison des associations de Rennes, 220 personnes autour d'une conférence de François De Singly suivie d'une table ronde avec Madame Garnier, représentant la direction interrégionale de l'administration pénitentiaire, Madame Favre présidente de L'UFRAMA et Madame Boudier directrice de l'association Enjeux d'Enfants Grand Ouest.

Même si nous avons été frustrés de ne pas pouvoir approfondir certains sujets, l'idée de cette soirée était bien de remettre nos actions dans leur contexte et de donner un aperçu élargi de la situation des familles confrontées à l'incarcération en général et pas seulement lorsqu'elles doivent faire appel à un tiers comme notre association.

 

Le 19 octobre au Théâtre de la Paillette une pièce de théâtre :

En après midi, 180 collégiens et lycéens de la région rennaise et le soir 220 personnes ont pu assister aux représentations de « On m'appelait Lenka », création théâtrale écrite spécifiquement pour l'anniversaire de l'association par Catherine Vigneau et mise en scène par Jérémy Robert, de la Compagnie 3ème acte.

Cette pièce a été écrite après de nombreuses rencontres entre l'écrivain et les intervenants salariés et bénévoles de l'association, pour être « au plus juste » du sujet, même si cette pièce reste une fiction.

Jouée par un groupe de 5 adolescents et de 4 adultes confirmés et volontaires, issus d'ateliers théâtre annuels proposés par l'Antipode et les associations de théâtre amateur actives sur la région rennaise, cette pièce évoque, de façon très directe et sensible, la question des relations entre une mère incarcérée et sa fille, accueillie dans un foyer. Elle a été un formidable outil de communication et d'illustration des actions de l'association et a permis d'ouvrir un débat-échange, systématiquement après les représentations, durant lequel le public a pu poser diverses questions sur l'association, la thématique, le projet et le vécu des intervenants et des comédiens.

Le partenariat soutenu avec cette compagnie et avec la MJC de l'Antipode, mis en place plus d'un an avant l'événement, a permis la réussite de ces événements et une autre représentation a été plébiscitée et mise en place le 21 décembre à la Maison du théâtre amateur, à Rennes (ADEC).

Cela a également permis, en parallèle, la réalisation d'interventions dans les collèges et lycées rennais (classes de 2ndes et de 4èmes).

Les 20 ans d'Enjeux !

L'objectif de ces interventions a visé principalement à sensibiliser le public scolaire au sujet de l'incarcération, mais aussi à l'alerter sur les conséquences dramatiques d'en faire un sujet tabou au sein de la sphère familiale et sociale.

Deux interventions dans chaque classe ont donc été proposées, en amont et en aval de la pièce, aux équipes pédagogiques des établissements scolaires, afin de préparer puis de recueillir les impressions des élèves pour lancer le débat.

Les différents événements organisés pour nos 20 ans nous semblent être une belle réussite et ce, de différentes façons car :

  • ils ont à nouveau créé des occasions de fédérer l'équipe dans ses engagements associatifs, chacun ayant été très impliqué dans l'élaboration et le déroulé des événements (conférence, théâtre, interventions dans les classes…),
  • ils ont également donné à Enjeux d'Enfants l'occasion de travailler avec des partenaires relativement inhabituels (Antipode, Compagnie 3ème acte) ; collaboration très fructueuse et ouvrant sur un public très diversifié, ce qui était notre principal objectif,
  • ils ont illustré de façon très complémentaire l'extraordinaire complexité des situations et le caractère nécessaire de faire parler de ce thème très méconnu.


Extraits du livre d'or mis à disposition du public :

« Je ne connaissais pas du tout votre association et par l'intermédiaire de ce spectacle j'ai trouvé cela très important de venir (…) Encore merci pour votre travail » « Quand je serai en retraite, je vous rejoindrai ! »

« Merci pour cette soirée et tout ce travail d'équipe. Merci également à tous les bénévoles de l'association, le lien familial, le lien à la vie est si important lorsqu'on se trouve derrière les murs »

« Beaucoup d'engagement, beaucoup d'humanité et beaucoup d'espoir ! »

« Nous ne regrettons pas d'être venus de si loin… » (partenaires du Calvados)

On travaille sur... L'accompagnement de la « transition dedans – dehors »

L'accompagnement de la transition dedans dehors
© Collectif Les Z'ieux Vers

Les peines alternatives à l'incarcération et la prévention de la récidive sont aujourd'hui favorisées et au centre des évolutions pénitentiaires. Notre association doit donc s'adapter à cela, tout en maintenant ses principes d'intervention et en proposant un projet à la hauteur des moyens accordés.

En effet, nous nous situons bien dans une dynamique de prévention de la récidive ; et c'est en favorisant le fait que la relation, lorsqu'elle est souhaitée et bénéfique pour l'enfant, ne subisse pas de rupture, que la transition va pouvoir être assurée de manière sereine.

Aujourd'hui, nos accompagnements s'arrêtent au moment de la sortie de prison du parent, parfois même assez brusquement. Nous pensons que pour certaines familles, il pourrait être opportun et adapté de les accompagner en amont de façon plus intensive et/ou au-delà, sur une durée limitée dans le temps.

Nous voulons donc pouvoir proposer, dans le prolongement de la dynamique initiée avec ceux en UVF, des accompagnements en permissions à la journée, et/ou au moment de la sortie, sur quelques rencontres, en relais avec d'autres partenaires ou vers une autonomie de la relation, satisfaisante et rassurante pour chacun.

Ce projet est en cours d'élaboration au sein de l'association, depuis quelques mois déjà, et tous les membres de l'association y contribuent.

Nous sollicitons actuellement nos financeurs pour qu'ils nous soutiennent dans cette action, sans eux nous ne pourrons la mener à bien.

Agenda

Les 7èmes rencontres de l'UFRAMA

Les 7èmes rencontres de l'UFRAMA
Les 31 mai et 1er juin - Lille

UFRAMA : Union nationale des fédérations régionales des maisons d'accueil de familles et proches de personnes incarcérées.

Sur le thème :
Nouvelles lois, nouvelles prisons, nouveaux partenaires.
Quelles répercussions pour les familles et les associations ?

Télécharger le programme en pdf >
Pour en savoir plus : uframa.listoo.biz >

 

Colloque : « Familles et couples, d'hier à demain »
Le samedi 8 juin 2013 de 9h à 17 h - BOULOGNE

Colloque organisé par la revue Dialogue et les éditions ERES.
Institut de psychologie - Université Paris Descartes - 92100 BOULOGNE

Sur le thème :
« Familles et couples, d'hier à demain ».

Intervenants :
Gérard Bonnet, Irène Théry, Gérard Neyrand, Régine Scelles, Françoise Payen, Philippe Robert, Jean-G. Lemaire.
Et aussi : Marthe Barraco-de Pinto, Florence Bécar, Gillonne Desquesnes, Alain Ducousso-Lacaze, Didier Drieu, Monique Dupré la Tour, Anne Husser, Bernadette Legrand, Ginette Lespine, Denis Mellier, Sylvain Missonnier, Haydée Popper-Gurassa et Ouriel Rosenblum.

Inscription en ligne sur le site des éditions érès >

C'est dit !

« J'existe à deux endroits à la fois : je suis ici bien sûr mais, en même temps, je suis avec ceux que j'aime. Surtout la nuit dans mon cœur, je m'évade. En pensée. Chez nous. C'est mon secret ».

Extrait du recueil « Paroles de femmes incarcérées », réalisé par notre association en 2001.

Citation reprise dans la présentation du reportage réalisé par la journaliste Florence Sturm, de France Culture : « Maman est en prison ». Reportage diffusé le 15 février 2013, et pour lequel la journaliste a sollicité l'association : on peut donc y entendre, notamment, le témoignage de plusieurs membres de l'association mais aussi de femmes rencontrées au sein des ateliers organisés par Enjeux d'Enfants à la Maison d'arrêt des femmes de Rennes.

L'intégralité du reportage est à écouter sur le site de France Culture >

Le chiffre

5 000 personnes

Ancienne Maison d'arrêt des hommes de Rennes

C'est le nombre de personnes qui ont pu entrer, jeudi 4 avril au soir, derrière les murs de l'ancienne Maison d'arrêt des hommes de Rennes, désaffectée en 2010.

Extrait de l'article d'Agnès Le Morvan, dans le Ouest France du vendredi 5 avril 2013 :

« En 20 ans de travail au Crij Bretagne, c'est sans doute mon plus grand défi ! » Gwen Hamdi, directeur adjoint ne pouvait que se féliciter du succès de Dazibao dans l'ancienne maison d'arrêt Jacques-Cartier, vide depuis le départ des détenus vers la nouvelle prison de Vezin.

À 22 h, il fallait compter près de deux heures d'attente pour espérer entrer, visiter des cellules, le quartier disciplinaire, les cours de promenade, le quartier des mineurs... « C'est un lieu dans lequel on n'a jamais l'occasion d'entrer, pourtant on passe devant régulièrement » confient Solange et Sylvie, voisines de la maison d'arrêt.

Parmi les visiteurs, souvent impressionnés, des riverains, mais aussi des curieux, d'anciens détenus, des étudiants, des familles. « Ce qui nous plaît, c'est la mixité du public » souligne Anne Héloïse Botrel, de la Ligue de l'enseignement. « C'était l'occasion d'échanger avec des bénévoles d'association comme le Genepi, ou Enjeux d'enfants qui œuvrent auprès des familles des détenus, découvrir des expositions, des films, des livres... Ou encore d'écouter de la musique. Une soirée festive mais aussi pédagogique, destinée à désacraliser le lieu et ouvrir le débat autour de l'enfermement et des alternatives à la peine. »

Ancienne Maison d'arrêt des hommes de Rennes

Enjeux d'Enfants, l'association Brin de Soleil et le Genepi, dans le cadre de son « Printemps des prisons 2013 », ont donc été associés à l'animation de cette soirée.

Ainsi, de nombreux membres associatifs ont pu accueillir le public, venu en nombre, notamment au sein de l'ancien quartier mineur de la prison, pour les informer sur le milieu carcéral, mais aussi à ses répercussions sur l'ensemble de la sphère familiale.

Nous avions mis en place différents outils de sensibilisation, dont un «vquizz », qui permettait de confronter les idées reçues ou représentations de la prison et du maintien des liens familiaux dans ce cadre, à des informations et échanges avec les membres d'Enjeux d'Enfants.

Ancienne Maison d'arrêt des hommes de Rennes

Ancienne Maison d'arrêt des hommes de Rennes

Nous avons été surpris et heureux de l'écoute et de la curiosité des visiteurs, de la grande qualité des échanges et de l'immense diversité du public : anciennes personnes détenues, membres de l'Administration Pénitentiaire, mais aussi riverains, familles, professionnels du secteur social…

Nous remercions à nouveau les initiateurs et organisateurs de cette soirée, le CRIJ, la Ligue de l'Enseignement, le Genepi, pour cette incroyable initiative.

 

 

 

 

 

Lectures

La famille à l'épreuve de la prison

La famille à l'épreuve de la prison
Caroline Touraut – Éditions PUF, collection Le Lien Social

La peine d'emprisonnement ne se limite pas aux seules personnes incarcérées ; elle implique directement leurs proches qui éprouvent l'expérience carcérale élargie. L'ouvrage rend compte des capacités différenciées des acteurs à neutraliser ou à « retourner » les effets sociaux, économiques, symboliques, relationnels et identitaires engendrés par le placement en détention de l'un de leur proche. L'institution carcérale, qui porte un regard ambivalent sur les familles, fait peser de nombreuses contraintes sur les échanges au-delà des murs. Malgré cela, la richesse des soutiens apportés aux détenus et l'aptitude des acteurs à créer de la proximité malgré l'éloignement éclairent la force de résistance des liens familiaux. Mais, pris entre émancipation et contrôle, dépendance et autonomie, la place de chacun est mise à mal dans cette situation. Par conséquent, des rapports de pouvoirs complexes et des formes de contrôle mutuel caractérisent les liens à l'épreuve de la prison.

Des enfants otages dans les conflits d'adultes

Des enfants otages dans les conflits d'adultes
Odile Barral – Éditions ERES – janvier 2013

À partir d'une longue expérience de juge des enfants, l'auteur raconte six histoires d'enfants-otages (enfants-miroirs, enfants-boucliers, enfants-trésors de guerre…) pris dans des conflits d'adultes, en se plaçant « à hauteur d'enfant ». Au moment où le discours social et médiatique se focalise majoritairement sur la délinquance des mineurs, ce livre voudrait recentrer l'attention de notre société sur la détresse de nombreux jeunes. En choisissant d'écrire des récits de vie, du strict point de vue de l'enfant prisonnier dans les déchirures des adultes, l'auteur veut donner à penser la place de l'enfant dans notre société et crier « aux voleurs d'enfance » avant qu'il ne soit trop tard.

Odile Barral est magistrat. Elle a exercé essentiellement en tant que juge d'application des peines et juge des enfants, à Lyon, Nantes, Albi, Toulouse. Elle a publié Chroniques de l'enfance en danger (Le Cherche-midi, 1997), Les passeurs de muraille, Familles et intervenants en prison (érès, 2004).

La prison, une nécessité pour la république

La prison, une nécessité pour la république
Pierre Victor Tournier – Éditions Buchet-Chastel – février 2013

« De la peine prononcée à la réinsertion, en passant par l'enfermement, cet ouvrage est un parcours au cœur du système carcéral français. Surpopulation, sens de la peine, perpétuité réelle, récidive, maladie mentale : avec une administration pénitentiaire réticente à divulguer les chiffres, il est bien difficile de faire la part des choses en la matière. Combien de personnes en prison aujourd'hui en France ? Quel est le taux de récidive ? Si l'on ne peut pas se passer des prisons, ne doit-on pas en limiter l'usage aux infractions les plus graves, en imaginant d'autres façons de sanctionner les délits ? Comment aménager la détention et mieux préparer la sortie des condamnés afin de les aider à « vivre une vie responsable » ? Si la prison est bien une nécessité pour la République, c'est au cœur de celle-ci qu'elle doit s'inscrire. C'est dans la complexité des questions pénales et carcérales que Pierre Victor Tournier nous entraîne, refusant toute forme de radicalité et avançant des éléments de réponses précis et exigeants. »

L'évasion

L'évasion
Bande dessinée de Berthet One – Collection Urban – 2011

« L'Évasion » est une BD écrite et dessinée en prison par Berthet One, qui nous invite dans l'univers carcéral. Une succession de tranches de vie vécues et racontées par le dessinateur, Berthet One. L'incarcération, la vie au sein de la prison avec les co-détenus et les matons, les visites au parloir, les cours... Rien n'échappe au petit œil malin de notre héros qui nous raconte ses aventures avec humour et décalage. «L'Evasion», ou la plongée dans le quotidien du taulard, vue de l'intérieur...

L'auteur : après 5 ans en prison, Berthet One a pris le pari de la reconversion. Ce fan de BD qui a grandi en banlieue, s'inspire de son vécu pour remplir les bulles de ses BD. L'univers carcéral, la cité… c'est avec humour et décalage que Berthet One fait voler en éclat tous les préjugés souvent véhiculés par les médias.