Pêle-Mêle

Notre association soutenue par Patrick Bruel

Soutien Patrick Bruel Visionner l'extrait du concert :


Notre association invitée dans l'émission "Les Maternelles" du vendredi 16 mars 2011 sur France 5 ;

Un reportage également réalisé sur nos accompagnements.


Consulter le schéma des activités d'Enjeux d'Enfants



[lettre_2_mai2012]

Automne 2013

La lettre d'enjeux d'enfants
Parents en prison, parents quand même

Édito

Guy Le Marié

Lors de notre dernière assemblée générale, après avoir marqué les vingt ans de l’association, nous avons projeté Enjeux d’Enfants pour les dix ans à venir.

Cette année, nous avons beaucoup apprécié de recevoir les lauriers régionaux, puis nationaux de la Fondation de France : c’est pour nous une véritable reconnaissance et un encouragement.

Nous sommes convaincus que notre association, tout en maintenant ces valeurs pour lesquelles elle est déjà reconnue par ses partenaires, doit en permanence s’adapter, et évoluer.

Nous avons déjà commencé à revoir notre projet associatif, tous les membres actifs de l’association y ont participé et une commission est en place pour le finaliser.

Souhaitant être un véritable acteur de la cohésion sociale, nous avons également élaboré de nouveaux projets :

  • Après nos interventions en UVF, nous expérimentons actuellement un projet intitulé « dedans dehors », pour permettre à certaines personnes détenues de pouvoir être accompagnées lors de permissions, ou à leur sortie de prison de façon temporaire, et ainsi pérenniser le lien avec leur enfant; lien que la personne détenue a élaboré sur le temps de la détention avec notre soutien.
  • Nous travaillons, en relation avec l'association rennaise Brin de soleil (Maisons d'accueil des familles de personnes détenues) et l’université (laboratoire de Criminologie de Rennes 2) à la mise en place de groupes de parole d’enfants ayant un parent incarcéré.
  • Nous avons aussi un projet de sensibilisation des populations scolaires au monde particulier de la prison; actions déjà mises en place à différentes reprises, mais que nous tenons à formaliser et pérenniser.

Nous devons aussi nous adapter au cadre juridique, et, probablement dans les mois à venir, nous allons devoir prendre en compte la réforme pénale.

Nous avons eu dernièrement l’occasion de rencontrer Madame Taubira, Garde des Sceaux et ministre de la Justice. Nous allons être très attentifs aux débats et le sens que va prendre la réforme pénale pour bien l’inscrire dans nos actions.

Pour faire face à toutes ces évolutions nous avons élargi l’équipe : nous avons recruté un mi-temps de secrétaire et un mi-temps d’éducateur. Nous devons élargir l’équipe d’intervenants bénévoles.

Il nous reste à trouver les financements nécessaires pour permettre de continuer à réaliser toutes les actions en cours et les nouveaux projets. Nous avons travaillé à mieux présenter nos demandes de subventions en faisant mieux apparaître l’ensemble de nos interventions, et mieux définir différents indicateurs d’activité.

Nous ne sommes pas seul à agir dans ce domaine spécifique et il est essentiel de rechercher en permanence une cohérence et une complémentarité entre tous les acteurs dont nous faisons partie. Les Journées Nationales des Prisons sont déjà un moyen de nous retrouver mais aussi de vous inviter à venir réfléchir avec nous : vous trouverez dans cette newsletter le programme des manifestations à Rennes.

Et pour finir, je souhaite vous dire un petit mot du livre écrit par Hélène Castel. J’ai été très touché par son livre, sa simplicité, son honnêteté, et la richesse de ses propos. Elle a vécu, pour des actes commis dans sa jeunesse, l’incarcération : elle a, avec son talent d’écrivain, pu en parler, parler également de ses relations avec ses codétenues, et nous faire part de ses réflexions sur les conditions nécessaires pour permettre de développer de la responsabilisation dans le milieu carcéral. Elle expérimente aujourd’hui une nouvelle intervention auprès des personnes détenues (association LAPAC), soyons y attentif, nous avons beaucoup à y apprendre. J’espère que nous pourrons un jour l’inviter à intervenir sur le Grand Ouest, et prendre le temps d’échanger tous ensemble.

Nous avons donc voulu laisser une large place à la rencontre avec elle, vous retrouverez au fil de votre lecture des éléments divers issus de cette rencontre.

Bonne lecture !

Guy Le Marié, président d’Enjeux d’Enfants Grand Ouest.

Sommaire

Rencontre avec...

Hélène Castel, présidente-fondatrice de l’association Lapac

Charlène Le Glatin

EE : Pourquoi avoir créé Lapac ?

HC : Le projet a démarré quand il m’a semblé évident qu’en détention, le fait de devoir se présenter devant un juge ou un expert constitue une épreuve et que tout le monde n’a pas les mêmes facilités. Le dossier constitué dans le bureau du juge est en partie basé sur les mots de la personne et sur la façon dont elle s’adresse à son interlocuteur. Plus précisément, avoir les mots pour s’exprimer ne suffit pas, il faut également avoir la présence nécessaire pour instaurer un dialogue avec son vis-à-vis.

La Justice prévoit de donner la parole à l’accusé mais ne s’interroge pas s’il a des difficultés dans son expression. Donc, lorsqu’il y en a, le détenu ne reçoit aucun soutien pour que cette prise de parole soit possible et ajustée au plus près de sa réalité. Regardez, pour un entretien d’embauche, on se prépare beaucoup plus (il y a l’école, des formations, etc.) et pourtant l’enjeu, même s’il est important, ne génère pas les mêmes conséquences.

EE : Dans ce cadre, quelle importance revêtent les mots ?

HC : La détention prive de contacts mais aussi de la possibilité de décider d’un grand nombre de choses. Après quelques jours ou quelques mois passés en détention, nombreux sont ceux qui ont l’impression que les mots - leurs mots - sont vains. Quand vous vous habituez à ce que, dans la plupart des situations, parler ne permet pas de modifier l’état des choses, vous renoncez. De fait, si la parole n’est plus liée à la possibilité de choix, elle perd de son sens. Par ailleurs, pour pouvoir penser à ce qu’on va dire et mesurer le poids de ses paroles, il est nécessaire d’avoir au moins un interlocuteur de confiance qui nous renvoie l’effet que celles-ci peuvent produire. Le fait qu’il n’existe pas de préparation pour les audiences judiciaires nous semble donc insensé.

EE : Comparaître devant une cour d’Assises a-t-il eu de l’importance dans la genèse de Lapac ?

HC : Une quinzaine d’années avant mon procès (qui a eu lieu vingt-cinq ans après les faits qui m’étaient reprochés), j’ai commencé une psychothérapie qui m’a permis de mieux comprendre mes agissements et de prendre du recul. Et de surcroît, devenue thérapeute quelques années plus tard, je n’avais pas trop de difficulté à trouver mes propres mots. Sans compter que j’ai bénéficié d’excellents avocats. Malgré tous ces atouts, cela a été très compliqué de préparer ma défense.

EE : Et votre expérience de détenue ?

HC : En prison, il m’est arrivé de me rendre compte du désarroi de certaines femmes sur ce sujet. Parce qu’il est tellement complexe de rendre compte d’un parcours, d’actes, de circonstances, etc. A certaines d’entre elles, j’ai proposé mon aide. Je leur disais : « Que souhaiterais-tu que l’autre (NDLR : le magistrat, l’expert) entende de toi ? ». Une chose m’est apparue évidente : au fur et à mesure que la personne pouvait dérouler les fils de ce qui faisait qu’elle était en prison, c’était plus clair pour moi mais, aussi, pour elle. Car, il est difficile de se faire comprendre d’un ou d’une inconnue si on ne se comprend pas soi-même.

EE : Concrètement, comment cela se passe-t-il ?

HC : Pour l’heure, nous sommes dans la phase pilote de notre projet. Nous avons mis en place deux sessions de 14 séances chacune. Les séances sont hebdomadaires et durent en moyenne deux heures et demie. Nous travaillons la plupart du temps avec deux groupes de six détenus, mais aussi en entretiens individuels. Chaque groupe est animé par deux intervenants de Lapac. On travaille notamment sur ce que la personne aimerait dire aux audiences et les conditions nécessaires, dans sa façon de s’adresser aux autres, pour que cela se produise.
« Ce n’est pas un coaching »

EE : Qu’apportez-vous aux détenus ?

HC : D’emblée, nous leur disons que nous n’allons pas traiter leur affaire ; ça, c’est le travail de l’avocat. Notre rôle est de travailler sur ce qu’ils disent d’eux, de leur personnalité. Pour ce faire, nous proposons des petits exercices. Par exemple, un participant s’exprime devant un autre qui, pour l’occasion, tient le rôle du juge. Parmi ceux qui les écoutent, nous pouvons demander à un participant de porter des boules Quiès. En le privant d’audition, l’objectif est qu’il puisse voir ce qu’il ressent non pas en écoutant la personne mais seulement à partir de ses gestes, de ses expressions et de ses attitudes. Nous essayons aussi de réfléchir sur les a prioris. Ce dernier point permet notamment de constater comment, et avec quelle force, les idées préconçues empêchent d’ouvrir la relation à l’autre.

EE : Avez-vous eu des difficultés à remplir les groupes ou au contraire, y avait-il trop de demandes de détenus ?

HC : Pour constituer les groupes, nous avons réalisé une affiche accrochée en détention et le Spip a fait passer des flyers en cellule, puis deux réunions d’information ont été organisées pour les détenus. À l’issue de celles-ci, les personnes intéressées étaient invitées à se manifester par écrit auprès du service d’insertion et de probation. Finalement, nous avons reçu 12 personnes pour la première session.

EE : Avez-vous rencontré des difficultés pour créer cette association et la faire vivre ?

HC : Après mon jugement en 2006, il était impossible d’oublier ce constat de l’importance des mots, et de la difficulté à s’exprimer de ceux qui comparaissent devant la justice. L’écrivaine Nancy Huston m’a conseillé d’en faire d’abord un livre au lieu d’écrire directement un projet d’intervention en prison car, pensait-elle, cela risquait de se perdre en chemin. Le livre est sorti en 2009. Peu après, l’association s’est constituée et nous avons rencontré beaucoup d’avocats, de juges, d’intervenants en détention. À l’été 2012, nous avons commencé avec la direction de la Santé à envisager une expérimentation d’une année puisqu’en juin 2014, cet établissement fermera. La première session a démarré en février dernier pour s’achever avant l’été. La deuxième session est en cours.

EE : L’adhésion a été rapide ?

HC : Souvent, dès que nous exposions le projet, les gens approuvaient. Comme s’il y avait un chaînon manquant dans le processus judiciaire. On ne peut pas parler de justice si on ne met pas en place un accompagnement pour que la personne puisse être acteur de son procès. Tant dans le monde judiciaire que pénitentiaire, les professionnels constatent qu’une personne non-entendue à son procès (qui ressent cela - NDLR) n’entame pas sa peine ou sa libération dans les meilleures conditions.

EE : Et début 2014, que se passera-t-il ?

HC : La fin des deux sessions ouvrira l’heure du bilan. Nous rédigerons un rapport pour tirer toutes les conclusions de ce travail. Ces deux sessions servent de socle à ce rapport pour proposer à l’Administration Pénitentiaire, mais aussi aux acteurs du monde judiciaire, d’étendre ce projet à d’autres maisons d’arrêt. L’objectif est que cela devienne une évidence que, pour mieux prendre part à son propre procès, tout prévenu qui le souhaite puisse compter sur le soutien nécessaire pour s’y préparer.

Propos recueillis par Nathalie Bougeard

Maintien des liens familiaux : le Mexique en avance ?

Hélène Castel a passé près de trois mois incarcérée à Mexico. Dans ce pays où la famille est l’unité sociale majeure, l’administration pénitentiaire, qui n’est pourtant ni très riche ni très encline à répondre aux demandes des détenu-e-s, a une vision beaucoup plus souple et adaptée du maintien des liens familiaux. Ainsi, les personnes détenues ont beaucoup plus de possibilités d’obtenir des parloirs prolongés pour recevoir leur conjoint. Un dispositif également appliqué depuis longtemps aux couples dont les deux membres sont détenus. « Lorsque vous êtes condamné, en tout cas à la prison où j’étais, vous avez le droit à trois visites par semaine. Et ces visites s’étendent de 10 heures le matin jusqu’à la fin de la journée », précise Hélène Castel. Et d’ajouter : « Les liens avec l’extérieur sont beaucoup plus nombreux ». De fait, l’obtention d’un permis de visite est plus simple et plus rapide. Enfin, les mères mexicaines peuvent garder leur enfant en détention jusqu’à l’âge de 4 ans, contre dix-huit mois en France. Reste que sur ce dernier point, nul ne mesure l’impact de l’enfermement sur des nouveaux-nés ou de jeunes enfants.

NB

Arrêt sur... les Lauriers de la Fondation de France

Les 20 ans d'Enjeux !

Lorsque notre association a décidé de s'investir dans l'accompagnement des enfants en UVF (Unités de Visite Familiale), elle a reçu le soutien, pour le lancement de cette action, de deux Fondations : la Fondation pour le lien social (Croix Rouge) et la Fondation de France, partenaire et soutien régulier d'Enjeux d'Enfants depuis plusieurs années.

Nous avons grâce à cela pu envisager des temps de réflexion en équipe, un temps de formation et l'expérimentation auprès de plusieurs familles accompagnées par nos éducatrices et intervenants sur une période de deux ans.
Expérimentation qui nous a conduits bien sûr à généraliser cette proposition aux établissements qui disposent d'UVF (aujourd'hui, les deux prisons rennaises mais dans un avenir proche, sur notre zone d'intervention, le centre de détention de Ploemeur notamment devrait également voir la construction d'UVF et parloirs familiaux dans ses murs).
Deux conditions pour qu'Enjeux d'Enfants mette en place ces accompagnements :

  • que les familles accompagnées l'aient déjà été auparavant en parloirs ;
  • que les accompagnements n'excèdent pas une durée de 6h.

Pour en savoir plus sur « Qu'est ce qu'un UVF? Un parloir familial, lien vers le site de l'Administration Pénitentiaire » >

Les 20 ans d'Enjeux !

Les 20 ans d'Enjeux !

Régulièrement, la Fondation de France attribue des Lauriers, départementaux, régionaux et/ou nationaux. Selon eux, « parmi les milliers de projets financés chaque année, certains se révèlent particulièrement innovants et exemplaires. Les Lauriers de la Fondation de France permettent de valoriser ces initiatives et de les faire connaître, afin qu'elles soient dupliquées et qu'elles en inspirent de nouvelles. »

Ainsi, Enjeux d'Enfants s'est donc vu attribuer en juin 2013 les lauriers régionaux, cérémonie que nous avons pu, en partenariat avec le Centre Pénitentiaire des Femmes de Rennes, organiser dans la médiathèque de la prison, après une visite d'un UVF.

L'établissement a, à cette occasion, permis à plusieurs journalistes de réaliser un reportage sur les UVF, la prison et la cérémonie des lauriers.
Notamment :

Nous avons ensuite eu le grand plaisir d'être sélectionnés pour les lauriers Nationaux et avons participé à la cérémonie officielle à Paris en septembre dernier.

Pour en savoir plus sur la Fondation de France >

 

 

Nous tenons à remercier très chaleureusement les fondations nous ayant soutenu sur cette action et en particulier la Fondation de France pour cette marque de reconnaissance qui nous encourage à continuer à travailler dans une exigence de réflexion permanente, gage de notre investissement auprès des familles accompagnées.
Nous remercions également le centre Pénitentiaire des Femmes à Rennes, avec qui le partenariat de longue date a permis d'expérimenter cette action et de la pérenniser dans de très bonnes conditions et d'organiser un temps fort lors des lauriers régionaux.

On travaille sur... les photos de famille en parloir

L'accompagnement de la transition dedans dehors

Le mercredi 23 octobre, notre association a proposé à l'ensemble des familles venant en parloirs familles à la Maison d'arrêt de Vannes des photos de famille surprises...

Valérie, éducatrice de l'association, est venue accompagnée d'un photographe bénévole aménager une des pièces du parloir familles, pour pouvoir y prendre en photo les familles venant en parloir l'après-midi.
Elle raconte :
« Trois tours de parloirs se succèdent durant l'après-midi et la date ayant été choisie durant les vacances scolaires, cela a permis de toucher beaucoup d'enfants.
Nous avions tenu à ne pas prévenir les familles réservant les parloirs ce jour-là de notre venue, car l'expérience ayant déjà été menée ailleurs par nos partenaires du REPI (Relais Enfants Parents Incarcérés à Nantes), les demandes de réservation sont alors beaucoup trop importantes et l'établissement ne peut pas y répondre.
L'effet de surprise a été bien accueilli par la plupart des familles, même si certaines auraient aimé pouvoir s'apprêter davantage pour l'occasion...
L'établissement nous ayant permis d'installer sur place une petite imprimante format photos, l'instantanéité de la proposition a permis aux familles de sélectionner sur l'appareil leur photo préférée et que chacun reparte avec un souvenir.
La plupart des familles n'ont aucune photo commune durant les périodes de détention, tous étaient donc très heureux de cette possibilité offerte et se sont prêtés au jeu dans la bonne humeur. »

56 personnes ont été concernées par la proposition : 3 couples et 13 familles, dont 21 enfants.

Cela a également permis aux familles de bien identifier l'association et l'un des pères nous a dit vouloir prendre contact avec nous par la suite au sujet de sa situation.

Cette action a été réalisée à titre expérimental et nous sommes très heureux du succès qu'elle a connu à Vannes ; nous allons donc travailler à la généralisation de cette proposition sur l'ensemble des établissements où nous intervenons.

Agenda

Les 7èmes rencontres de l'UFRAMA

20èmes Journées nationales des Prisons
Du 25 au 30 novembre 2013

Chaque année, le collectif d’associations rennaises intervenant auprès des détenus et de leurs familles organise des événements durant la Semaine Nationale des prisons.

L’objectif est de sensibiliser le grand public aux problématiques touchant à l’incarcération, sa réalité, les difficultés liées à la situation d’emprisonnement, ses répercussions sur le détenu et sa famille.
Ce sujet, encore difficile à aborder, doit devenir une véritable question citoyenne et c’est en ce sens que le collectif œuvre depuis plusieurs années.
Chaque année, une thématique est définie par le groupe JNP au niveau national. En 2013, le thème retenu est :
« La santé à l’épreuve de la prison ? »
Le collectif rennais a décidé d’axer les événements organisés autour d’une question principale : « Soigner en prison ? ».

Cette année nous organisons :

Des interventions scolaires au collège de Cleunay et au lycée Bréquigny pour sensibiliser les étudiants au sujet carcéral.

Mardi 26 novembre de 19h à 20h30 :
Rencontre - débat avec les associations GENEPI et Brin de Soleil, à la bibliothèque des Champs Libres (pôle Vie du Citoyen - Mezzanine).
Thème : « Au-delà des murs, comment maintenir le lien des personnes détenues avec l'extérieur ? ».
Les rencontres et débats sont en accès gratuit, dans la limite des places disponibles.

Jeudi 28 novembre à 19h :
Table ronde organisée sur le thème : « Soigner en prison ? »
Intervenants :

  • Anne Henry, chef de service du SMPR, médecin psychiatre´;
  • Un représentant de l’Administration Pénitentiaire au niveau interrégional (Mme Claire Garnier ou Mme Pondaven) ;
  • Dr Petiau, responsable du service U.C.S.A. du centre pénitentiaire de Rennes - Vezin.

L’objectif de cette table ronde est de donner un aperçu des problématiques liées à la question des soins dans et hors milieu carcéral, sur les deux facettes de la santé mentale et de la santé somatique : prévention, dispositifs existants, difficultés principales, politique de l’Administration Pénitentiaire aujourd’hui en matière de santé, projets ; et de donner la parole, notamment, à des intervenants de structures récentes telles que les UHSI et UHSA.

La table ronde permettra à chacun de s’exprimer, d’échanger avec les autres intervenants, mais aussi avec la salle.

Télécharger le programme en pdf >

 

Les 7èmes rencontres de l'UFRAMA

Projection : « Le déménagement  », de Catherine Rechard
Le mardi 26 novembre à 20h30 - MJC l'Antipode, Rennes

Cette projection sera suivie d'un temps d'échange.

Pour en savoir plus >

Les 7èmes rencontres de l'UFRAMA

Projection : « Être Là  », de Régis Sauder
Le mercredi 20 Novembre 2013 à 20h15 - IFSI , rue du bois Perrin, Rennes

Cette projection est organisée par l'association Crise et Traumatisme.

En présence de :
Régis Sauder
, metteur en scène.

Invités :
Mme le Dr Anne Henry, psychiatre, Chef du pôle psychiatrie en milieu pénitentiaire Rennes
M. Pierre-Paul Costantin, Maître de conférences de psychopathologie Rennes2, Psychologue clinicien SMPR, Metz.

Résumé du documentaire :
Elles sont psychiatres, infirmières ou ergothérapeutes à la maison d’arrêt des Beaumettes à Marseille et reçoivent des détenus devenus patients le temps du soin. Elles sont là pour aider des hommes en souffrance, fussent-ils incarcérés. Être Là, c’est rejoindre cet espace unique, celui de l’écoute, une poche d’air derrière les murs de la prison. Son existence est conditionnée par la détermination des soignants à continuer de venir pratiquer la psychiatrie ici… à quel prix ? Sophie travaille là depuis dix ans.
Elle questionne aujourd’hui sa place en prison, la possibilité d’y accomplir son métier de psychiatre, véritable acte de résistance. Elle convoque les souvenirs de ces années d’enfermement pour faire un choix : continuer à être là ou partir ?

Inscription :
Par courriel à : dina.joubrel@orange.fr
ou par courrier à : Dr Dina Joubrel - 6 Rue D’Argentré - 35000 Rennes

Participation aux frais :
10 euros/personne à payer sur place
ou par courrier : chèque à l'ordre : asso C et T

Petit buffet dînatoire à l’arrivée

Les 7èmes rencontres de l'UFRAMA

Formation partenaires Enjeux d'Enfants
Les 14 et 15 avril 2014 - Ou sur site

Ces journées sont organisées par l'association Enjeux d'Enfants et sont destinées à ses partenaires.

Thématique :
« Parent - enfant à l'épreuve de la séparation carcérale »

À partir des retours et attentes des stagiaires sur les sessions de formations menées depuis 2006 par l'Association, nous avons travaillé un contenu qui se veut au plus près des besoins des uns et des autres.

La mise à l’écart provisoire par l’incarcération ne doit pas venir rompre définitivement les liens et appuis dont la personne aura besoin pour retrouver sa place au sein de la société.
Par ailleurs, quel impact l'incarcération peut-elle avoir sur la famille, et en particulier sur les enfants ?

Confrontés à l'incarcération d'un parent, nos repères professionnels peuvent être mis à mal... Quelles questions, difficultés, cela pose-t-il au quotidien ?
Comment prendre en compte ces différentes dimensions et accompagner parents et enfants, chacun dans le cadre de ses missions ?

Nous avons tenu à formuler deux propositions :

  • l'une, habituelle, à l'Association, sur des dates prédéfinies (les 14 et 15 avril 2014) ;
  • l'autre, nouvelle, est une proposition d'intervention « sur site », soit dans une institution ou association qui en fait la demande, auprès d'une équipe, d'un service... Les dates sont alors envisagées avec vous.

Télécharger le programme >
Télécharger le bulletin d'inscription >

C'est dit !

Ancienne Maison d'arrêt des hommes de Rennes
Marie Derain


Ancienne Maison d'arrêt des hommes de Rennes
© R. Martin, Coll. Les Z'ieux Vers

« Est-ce dans l’intérêt de l’enfant de maintenir des liens avec un parent incarcéré ? »

C'est la question préalable posée par le groupe de travail présidé par M. Hugues Feltesse, délégué thématique du Défenseur des droits et co-animé par Mme Marie Derain, Défenseure des enfants, adjointe du Défenseur des droits, qui a rendu un rapport fourni sur le sujet en octobre 2013.

Dans le cadre de ce travail, ils avaient, en juin 2013, consulté l'association Enjeux d'Enfants en venant nous rencontrer à Rennes.

La Défenseure des enfants, Marie Derain, au sein de l'instance « Défenseur des droits » (D. Baudis) et son équipe pluridisciplinaire ont mené une longue étude dans le cadre d'un groupe de travail intitulé « intérêt supérieur de l'enfant », étude pour laquelle ils avaient notamment rencontré notre association en juin 2013. Dans ce contexte, ils se sont penchés sur la question du maintien des liens familiaux dans le cadre de l'incarcération d'un parent, et ont rendu un rapport en octobre 2013, dont certains points sont à souligner (cf: article ASH du 16/10/2013) :

- Cette problématique est souvent appréhendée sous l'angle du droit des détenus et du bénéfice que cela peut constituer pour le parent prisonnier, plus rarement sous celui de l'enfant, comme le recommande l'instance du défenseur des droits. Or, le fait d'envisager la question sous l'angle de l'intérêt supérieur de l'enfant amène à adopter une approche nécessairement individuelle et au cas par cas.

- De manière générale, il faut « renforcer le droit à l'information » de l'enfant, plaide ainsi le rapport du groupe de travail, lui expliquer de manière adaptée à son âge les conséquences de la détention de son parent, mais aussi « recueillir la parole de l'enfant sans ses parents, son sentiment face à la situation, et vérifier [son] besoin d'accompagnement éventuel ».

- Quant à l'accès à l'établissement pénitentiaire du parent incarcéré, il est souvent mis à mal par la distance géographique, d'où la demande des membres du groupe de travail « Intérêt supérieur de l'enfant » de favoriser le rapprochement familial et de prévoir l'indemnisation des frais de déplacement et d'hébergement entraînés par les visites.

- Enfin, les mesures de soutien à la parentalité sont abordées par le groupe de travail, qui recommande notamment l'information des détenus, parents ou non d'ailleurs, sur leurs droits et leurs devoirs, ainsi qu'un module de formation sur le sujet à l'École nationale de l'administration pénitentiaire (ENAP).

Consulter le rapport complet >

 

 

 

Le chiffre

1 000 postes

C'est le nombre de postes supplémentaires prévus dans les services pénitentiaires d'insertion et de probation d'ici 2017, annoncé par Jean-Marc Ayrault.

Ancienne Maison d'arrêt des hommes de Rennes
Rencontre des associations Enjeux d'Enfants
et Brin de Soleil avec Mme Taubira lors
de sa visite au Centre Pénitentiaire
des Femmes le vendredi 27 septembre 2013

Mme la Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, a lancé vendredi 18 octobre un groupe de travail sur les métiers des services pénitentiaires d'insertion et de probation, annoncé le 5 juillet 2013 à l'occasion de sa visite au SPIP de Melun.
Ces travaux s'inscrivent dans le cadre de la réforme pénale dont le texte a été présenté en Conseil des Ministres le 9 octobre dernier et dans le prolongement des conclusions de la conférence de consensus.

Pour cette réforme, Jean-Marc Ayrault a annoncé la création de 1 000 postes supplémentaires dans les services pénitentiaires d'insertion et de probation. Ils suivent les condamnés dans et hors la prison : c'est sur eux que reposera la future loi.
En réalité, ce millier de postes d'ici 2017 (conseillers d'insertion, d'administratifs ou psychologues) comprend les 450 postes déjà annoncés pour 2014 et 2015. Cela représente tout de même une augmentation de 30% du corps : important mais sans doute pas suffisant pour arriver à l'objectif de 40 dossiers par conseiller. C'est, en tout cas, «une marque de l'engagement du gouvernement», s'est réjouie la Ministre lors de son point presse. (Extrait de Libération du 9 octobre 2013).

Pour la Garde des sceaux, la prévention de la récidive et la réinsertion des personnes condamnées ne peuvent se concevoir sans engager une réflexion associant les professionnels qui œuvrent au quotidien à l'accomplissement de ces missions. La question des outils d'évaluation, des méthodes de prise en charge, des ressources humaines et de l'identité professionnelle de ces métiers mais également le lien avec les autorités judiciaires et le partenariat avec les structures de droit commun seront autant de thèmes abordés à l'occasion de ces travaux. Dans le même temps, des expérimentations sur sites complèteront ces réflexions et permettront la mise en pratique de nouvelles pistes de travail mais également la valorisation de l'existant.
Un premier bilan d'étape sera présenté à la Garde des Sceaux au mois de mars 2014 avant l'étude du texte de réforme pénale au Parlement.

Les grandes lignes de la réforme pénale :
Ce projet de loi a été présenté au Conseil des Ministres et devrait être discuté à partir du 8 avril 2014 au Parlement.

Les trois piliers de cette réforme :

  • le projet de loi vise à permettre au juge de prononcer une peine adaptée et juste ;
  • il crée une nouvelle peine : la contrainte pénale ;
  • il instaure un nouveau dispositif pour éviter les sorties de prison sans contrôle ni suivi.

1- Le projet de loi vise à permettre au juge de prononcer une peine adaptée et juste. Suppression des peines plancher et des révocations de plein droit du sursis simple ou du sursis avec mise à l'épreuve ; Il instaure une possible « césure » du procès pénal : le tribunal pourra, après s'être prononcé sur la culpabilité, ajouter la décision sur la condamnation afin qu'une enquête sur la personnalité et la situation sociale du condamné soit effectuée.

2- Le projet crée une nouvelle peine : la contrainte pénale. Cette peine pourra être prononcée lorsqu'un délit est puni d'une peine d'emprisonnement maximale inférieure ou égale à 5 ans. Il s'agit d'une nouvelle peine alternative à l'incarcération.

Cette peine vise à soumettre la personne condamnée, pendant une durée comprise entre 6 mois et 5 ans et qui est fixée par la juridiction, à des obligations ou interdictions justifiées par sa personnalité, les circonstances de l'infraction ou la nécessité de protéger les intérêts de la ou des victimes ainsi qu'à des mesures d'assistance et de contrôle et à un suivi adapté à sa personnalité.
Ces mesures, obligations et interdictions, seront déterminées, après évaluation de la personnalité de la personne condamnée, par le SPIP, par le Juge d'Application des Peines. Elles pourront être modifiées au cours de l'exécution de la peine au regard de l'évolution du condamné dont la situation sera réévaluée à intervalles réguliers et au moins une fois par an, par le SPIP et le JAP.
En cas d'inobservation de ces mesures, obligations et interdictions, possibilité pour le JAP de renforcer l'intensité du suivi ou compléter les obligations ou interdictions auxquelles le condamné est astreint.

Si nécessaire, le JAP pourra saisir un juge afin qu'il ordonne l'emprisonnement du condamné pour une durée qu'il fixera et qui ne pourra excéder la moitié de la durée de la peine de probation prononcée par le tribunal ni le maximum de la peine encourue.

3- Le projet instaure un nouveau dispositif pour éviter les sorties de prison sans contrôle ni suivi. Rupture avec la notion de sortie sèche et renforcement de l'accompagnement à la sortie.

  • Introduction du principe d'un examen systématique de la situation de tous les condamnés qui ont exécuté les 2/3 de leur peine. Ils devront donc repasser devant le juge.
  • Pour les peines supérieures à 5 ans, examen par le JAP ou le TAP qui statuera après débat contradictoire sur l'octroi d'une éventuelle Libération Conditionnelle.
  • Pour les peines plus courtes (inférieures à 5 ans), situations examinées par le JAP en Commission d'Application des Peines.

Pêle - mêle... émissions radio, articles et documents divers

L'avis de Jean-Marie DELARUE,
Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté

Au Journal officiel du 3 septembre 2013, le contrôleur général a publié un avis relatif aux jeunes enfants en prison et à leurs mères détenues :

Pour consulter le document >

Deux émissions de radio sur France Inter à écouter ou réécouter

  • l'une, intitulée « Une voix dissonante sur la contrainte pénale », dans l'émission « Le Bien commun » du 10 octobre 2013, animée par Antoine GARAPON, interview de Martine HERZOG - EVANS, professeur à l'Université de Reims.

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  • l'autre, intitulée « Que reste-t-il de la case prison ?», dans l'émission Service public du 26 septembre 2013, et qui pose les questions suivantes :
    Si la prison est la solution, quel est le problème ? Dissuader les délinquants d'agir en créant un lieu infernal ou bien les empêcher de nuire en les privant de liberté ? En cherchant à humaniser les prisons la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, va-t-elle déshumaniser nos villes ?

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Une information concernant la création d’une Fédération Régionale des Centres de Médiation

Début octobre à Nantes, la Conférence Régionale des Bâtonniers des Barreaux de l’Ouest organisait un colloque inédit consacré aux « modes alternatifs ou amiables de résolution des différends ». À l’occasion de ce rassemblement, les Centres de Médiation des Barreaux du Grand Ouest se sont structurés au sein d’une Fédération Régionale des Centres de Médiation (FCM Grand Ouest).

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Lectures

La famille à l'épreuve de la prison


Retour d'exil d'une femme recherchée
d'Hélène CASTEL – Éditions du Seuil, 2009

« C’est un récit. Un récit à la première personne. Un récit qui raconte l’inconscience, la fuite, la trahison, l’abandon, la peur, la violence de la prison mais aussi l’espoir, la reconstruction, la force de l’amitié et des liens familiaux et enfin, le pouvoir des mots. Vingt ans après son exil au Mexique, cette fille d’intellectuels, est arrêtée pour le braquage d’une banque commis à Paris en 1980. S’ensuivent quatre-vingt huit jours d’emprisonnement à Mexico, et près d’un an à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis avant la condamnation par la cour d’assises à une peine de deux ans avec sursis. Hélène Castel aime les mots : ils sont sa force. Son témoignage de femme, de mère de famille, d’être humain souvent révolté décrit son itinéraire, son évolution. Mais grâce à un stylo dont elle se sert comme d'une caméra, ces deux cents pages permettent de découvrir concrètement la prison à Mexico et notamment, l’importance donnée par l’administration pénitentiaire aux liens familiaux. Il permet également de plonger dans la réalité carcérale française d’une maison d’arrêt pour femmes. »

Nathalie Bougeard

 

Des enfants otages dans les conflits d'adultes

Rien ne s'oppose à la nuit
de Delphine DE VIGAN – Éditions JC Lattès – 2011

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux commentaires et hypothèses. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. »

 

L'auteur (Extrait du site www.lexpress.fr) :

« L'auteur du best-seller No et moi (400 000 exemplaires vendus, prix des Libraires 2008) est familière d'une certaine veine autobiographique, comme en témoignent son premier roman, Jours sans faim (2001), sur l'anorexie, mais aussi son plus récent, Les heures souterraines (2009), où elle s'inspirait de son expérience de cadre dans un bureau d'études. Avec Rien ne s'oppose à la nuit, joli titre inspiré de la chanson de Bashung Osez Joséphine, Delphine de Vigan, quarante-cinq ans, va encore plus loin : même s'il est qualifié de "roman", ce sixième livre évoque ouvertement sa mère dont la mort, en 2008, à l'âge de soixante et un ans, l'a incitée à écrire sur elle. Pas tout de suite, certes. Mais finalement en profondeur. Convoquant les témoignages des uns et des autres, collectant les documents et les photos, les traces de toutes sortes, Delphine de Vigan retrace en détail la destinée de cette jolie Lucile, née en 1946, troisième enfant d'une fratrie de neuf - dont trois mourront en bas âge. Dans cette enquête poignante au coeur de la mémoire familiale, la romancière fait resurgir les souvenirs les plus lumineux comme les secrets les plus enfouis. Un récit sensible et fascinant, qui fait écho aux blessures de chacun... »

La prison, une nécessité pour la république

20 ans ferme
de Nicoby et Sylvain RICARD – Éditions FUTUROPOLIS – 2012

1985. Condamné à 20 ans de réclusion criminelle, Milan n'accepte pas pour autant que sa vie soit une longue suite d'humiliations. Il remet en cause les pratiques souvent arbitraires en cours dans les prisons. Transféré de prison en prison, il passera sa vie à lutter violemment contre l'administration pénitentiaire, pour que des conditions décentes d'emprisonnement soient respectées. Basé sur le témoignage d'un ancien prisonnier, Sylvain Ricard et Nicoby proposent une œuvre forte et dérangeante qui interpelle sur l'état des prisons en France.

 

 

Les auteurs :

Sylvain Ricard est né en 1969 et vit à Evry. Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en biologie moléculaire, il a travaillé dans la recherche médicale appliquée à la génétique humaine et se consacre à l’écriture de bande dessinée. Avec Christophe Gaultier, il a publié Banquises, Kuklos, Clichés Beyrouth 1990 (avec Bruno Ricard), Le cirque Aléatoire… Chez Futuropolis, on a pu voir sa signature associée à celle de Charles Masson pour Les boules vitales, Jean-David Morvan et Christophe Gaultier pour Guerres Civiles, James pour À la folie et Isaac Wens pour La mort dans l’âme.

Nicoby est né en 1976 à Rennes. Nicoby s’est d’abord fait connaître avec les séries Les Zélus, scénarisée par Féru. Nicoby a illustré de nombreux livres jeunesse pour les éditions Rageot. Il fait partie du comité d'organisation du salon Quai des Bulles à St Malo. En 2003, sous le pseudonyme de Korkydü, il dessine La voix, texte de Pascal Bertho (2 tomes parus). On lui doit également Patte de velours, texte de Pascal Bertho. En 2006 parution de Chronique Layette et Excursion Coréenne, éditions 6 pieds sous terre. En 2008 et 2010, publication des Ensembles contraires avec Kris et Eric T. Il cosigne également avec Joubs et Daniel Fusch : Mes années bêtes et méchantes. Il réalise des ateliers d'écriture en prison, comme notamment à la Maison d'Arrêt de Saint-Brieuc en 2013.

L'évasion

Le chemin des morts
de François SUREAU – Collection Blanche, Éditions Gallimard – 2013

Paris, début des années 1980. Un ancien militant basque refuse de rentrer en Espagne après vingt ans d'exil. Il réclame la protection de la France, car il se dit menacé de mort dans son pays.
Pour la justice française, l'affaire est délicate. Accéder à cette demande, c'est nier le retour de l'Espagne à la démocratie et à l'État de droit. Refuser serait faire preuve d'aveuglement sur la réalité de ces assassinats visant régulièrement les ex-opposants du franquisme. C'est au narrateur de ce livre, un jeune juriste encore inexpérimenté, qu'il va revenir de trancher. De la décision de justice qui sera prise et du drame qui en découlera François Sureau a tiré le plus bref et le plus saisissant de ses textes.

 

 

L'auteur :

François Sureau est né en 1957 à Paris. Ancien membre du Conseil d’État, il est aujourd’hui avocat à Paris. Écrivain, il a déjà publié aux Éditions Gallimard La corruption du siècle (collection Blanche, 1988), L’infortune (collection Blanche, 1990, Folio n° 2429), L’aile de nos chimères (collection Blanche, 1993, Folio n° 2429), Les Alexandrins (collection Blanche, 2003), La chanson de Passavant (collection Blanche, 2005), L'obéissance (collection Blanche, 2007, Folio n° 4805), adapté en BD par Franck Bourgeron (Futuropolis, 2009), Inigo (collection Blanche, 2010, Folio n° 5345), Sans bruit sans trace (collection Blanche, 2011).