Pêle-Mêle

Notre association soutenue par Patrick Bruel

Soutien Patrick Bruel Visionner l'extrait du concert :


Notre association invitée dans l'émission "Les Maternelles" du vendredi 16 mars 2011 sur France 5 ;

Un reportage également réalisé sur nos accompagnements.


Consulter le schéma des activités d'Enjeux d'Enfants



Newsletter printemps 2014






- ÉDITO -

Suite à l'Assemblée Générale d'Enjeux d'Enfants, le 27 mars dernier, le Conseil d'Administration m'a élue présidente de l'association.

C'est une tâche que j'ai acceptée avec enthousiasme, mais aussi avec la conscience aiguë de l'engagement que cela demande.


Engagement vis à vis de l'équipe, mais aussi de l'ensemble des membres, actifs et adhérents, de ses partenaires, et, avant tout, des enfants et des familles que nous accompagnons.

Le projet associatif, travaillé en commission depuis plusieurs mois et validé par notre Assemblée Générale, reflète bien le double mouvement dans lequel l'association est engagée: la ré-affirmation de ses valeurs, mais aussi l'adaptation aux changements et évolutions de toutes sortes: internes et externes. Le contexte carcéral, social change, et l'équipe, qui s'agrandit, doit faire face aux nouvelles et nombreuses demandes qui lui sont adressées, en maintenant son exigence de qualité dans les accompagnements et l'ensemble de ses actions.

Vous trouverez donc dans cette newsletter des éléments divers, reflétant ce contexte: notre projet associatif, mais aussi les résultats de l'enquête réalisée auprès de 50 parents incarcérés tout au long de l'année 2013; les grandes lignes du projet de loi sur l'autorité parentale et l'intérêt de l'enfant, et enfin diverses informations sur notre actualité d'intervention, des références bibliographiques et quelques événements à venir.

Je vous souhaite une très agréable lecture et serai ravie de vous retrouver, les uns et les autres, à l'association ou lors de nos prochaines manifestations.



Rozenn ANDRO, Présidente




 
- RENCONTRE AVEC -

Noémie DESTOC, psychologue

« On constate que plus les juges et les CPIP (1) ont l'expérience du Placement sous Surveillance Électronique (PSE) et plus les conditions de sa mise en oeuvre s'affinent ».


Directrice d'insertion et de probation à l'Administration pénitentiaire, cette psychologue clinicienne diplômée en 2010 prépare une thèse sur l'identification des modalités de la peine qui maintiennent le sens de l'action tout en limitant les effets iatrogènes (2). Selon elle, « le mal être du placé peut l'amener à modifier les relations qu'il entretient avec les membres de sa famille. »










EE : Expérimenté en France à partir de 2010 et généralisé en 2011, le bracelet électronique est aujourd'hui de plus en plus utilisé. Quelles évolutions constatez-vous ?

ND : Aujourd'hui, les modifications d'horaires sont fréquentes notamment dès qu'il s'agit de recherche d'emploi ou de contrats de mission d'intérim. D'ailleurs, un article du code pénal prévoit que le conseiller d'insertion et de probation puisse proposer une modification d'horaire qui sera validée par le cadre du service et ce, par délégation du juge d'application des peines. Cette disposition indique que la situation doit être favorable au condamné et ne doit pas toucher à l'équilibre de la mesure. Seule la situation familiale demeure de la compétence exclusive du magistrat. Au début de la mesure, une modification d'horaire pour raison professionnelle restait exceptionnelle ; la deuxième demande était difficile à faire valoir et à la troisième, la réponse était en général négative.
Par ailleurs, la gestion des incidents a évolué. Les incidents d'horaires sont fréquents pour de multiples raisons (explosion du nombre de placés, justificatif d'un contrat de travail pas arrivé, retard dû aux transports, urgence médicale, etc.) et les professionnels gèrent cela avec plus de possibilités. Là encore, au début, un incident justifié était toléré, le deuxième passait plus difficilement et le troisième aboutissait souvent au retrait de la mesure. Enfin, on constate que des personnes addictives, isolées socialement ou encore sans emploi peuvent bénéficier de la surveillance électronique. Alors qu'au démarrage, existaient des contre profils de condamnés éligibles au PSE.



EE : Comment expliquez-vous ces évolutions ?

ND : Sur le dernier point évoqué, les professionnels constatent que chez un sujet immature, violent ou addictif (contre-indications initiales), le PSE peut produire un cadre contenant et s'avérer bénéfique pour la personne. Par ailleurs, comme tout dispositif, le PSE subit les influences croisées de la loi, des progrès techniques mais aussi des pratiques professionnelles. Ainsi, le fait que la loi pénitentiaire étende à deux ans le quantum de peine pour bénéficier d'un PSE a amené les magistrats à ne plus exiger de contrat de travail à durée indéterminée. Le paramétrage des bracelets est aujourd'hui beaucoup plus fin qu'à la mise en place de la mesure. La société est également mieux informée : au début, de nombreuses personnes refusaient le bracelet électronique par crainte d'être considérées comme un criminel sexuel. C'était à l'époque où les médias parlaient aussi bien de PSE que de PSEM (3) sans vraiment les distinguer. Au début, il s'agit vraiment d'une mesure rigide. Au fur et à mesure de sa mise en oeuvre, tant les professionnels de l'Administration Pénitentiaire que les magistrats l'ont adaptée à la vie quotidienne. On constate d'ailleurs que plus les juges et les CPIP ont l'expérience du PSE et plus les conditions de sa mise en oeuvre s'affinent.



EE : En quoi la question du domicile est-elle complexe ?

ND : C'est une peine très intimiste, notamment parce qu'il s'agit d'une forme d'intrusion, certes acceptée par le propriétaire des lieux, du pouvoir public dans la sphère privée. Si dans un premier temps, tout condamné est heureux d'avoir évité la prison et de pouvoir exécuter sa peine chez lui ; dans un second temps, les réactions peuvent être très différentes. Une personne plutôt casanière, va considérer la contrainte comme étant supportable, mais elle doit intégrer le fait qu'à certaines heures, certaines tâches quotidiennes deviennent impossibles. Il est nécessaire de réorganiser l'espace-temps. Pour une personne n'ayant pas l'habitude de rester chez elle, cette contrainte est proche d'une violence, qu'elle s'impose. Il va être nécessaire pour elle d'avoir des moments pour décompresser en dehors du domicile, ce qui n'est pas toujours possible selon les modalités d'exécution définies. Ainsi, le lieu d'assignation devient non plus un lieu de repos, un espace de sécurité, de protection contre l'extérieur, mais un lieu qui engendre stress et angoisses, un lieu au sein duquel il est obligatoire de demeurer, un territoire sur lequel le placé perd partiellement ses droits ; il n'est plus seul détenteur du pouvoir sur ce lieu. En cas d'absence du domicile sur des horaires non autorisés, le placé est susceptible d'être puni pour cela ; le domicile devient une source potentielle de sanctions. Le mal être du placé peut l'amener à modifier les relations qu'il entretient avec les membres de sa famille.



EE : Quelle est la place du condamné au sein de sa famille ?

ND : C'est également compliqué : il arrive que le "placé" se sente redevable par rapport à l'hébergeant. A l'inverse, cette culpabilité et cette loyauté peuvent opérer du côté de l'hébergeant. Ce dernier ne s'autorisera pas, par exemple, à signaler un incident par peur de retrait de la mesure.
Dans certains cas, en étant astreint à passer de nombreuses heures à son domicile, le placé va mesurer tout ce que son conjoint fait à la maison et va donc, le revaloriser. A l'inverse, le placé peut aussi observer tout ce que son conjoint devrait faire et ne fait pas.
Le maintien au domicile peut permettre au placé de réinvestir une place qu'il n'occupait pas au sein du foyer, ou au contraire, de montrer son absence d'implication dans celui-ci. Pour la personne placée, le PSE peut être le moyen de retrouver une place dans la vie familiale. Enfin, le PSE permet au condamné d'exercer sa fonction et son rôle de parent. Des difficultés peuvent survenir dans l'exercice de la fonction éducatrice et d'autorité puisqu'il porte lui-même la marque d'une sanction pénale. Plusieurs stratégies ont pu être observées, notamment en fonction de l'âge de l'enfant. Certains refusent que leurs enfants soient au courant de la mesure, soit par crainte de révéler la condamnation et/ou d'avoir à expliquer les faits ; soit par peur d'être dévalorisé, de "perdre" son rôle parental. Enfin, pour les plus jeunes enfants, par crainte qu'ils ne diffusent l'information à l'école, par exemple. Certains préfèrent expliquer la situation à leurs enfants et parfois s'en servir comme outil éducatif et pédagogique.



EE : Dans le cas d'un placement sous surveillance électronique d'un de ses membres, la famille est-elle "punie" ?

ND : Le PSE peut avoir des incidences en termes de gestion de l'économie familiale et de rythmes de vie. Les horaires rigides de la mesure ne permettent pas de gérer les aléas quotidiens et les imprévus. Le peu d'horaires libres prévus, notamment les week-ends, limitent les sorties familiales et peuvent même pénaliser la famille et les enfants. On a pu voir que certains membres de la famille ne s'autorisent pas à sortir en dehors des horaires de sortie de son parent placé. L'organisation familiale va être modifiée lorsque le parent placé ne va plus pouvoir réaliser les tâches qui lui incombaient au sein du foyer. C'est par exemple, le cas d'un père qui amenait habituellement ses enfants au sport, sa conjointe n'ayant pas le permis, et qui n'avait pas d'horaires de sortie prévus pour cela. Ne s'autorisant pas à demander l'aide de ses voisins afin de ne pas dévoiler la mesure, ses enfants ont dû cesser leurs activités sportives et leurs loisirs le temps du placement. On voit bien ici que l'entourage est également pénalisé. Ceci peut entraîner un malaise, de la culpabilité de la part du placé,à faire vivre ceci à sa famille, à le lui imposer.



EE : Pourquoi ?

ND : Cela dépend de la situation de chaque détenu, qui elle-même dépend de plusieurs paramètres comme les relations interpersonnelles, les difficultés familiales, le lieu d'hébergement, l'emploi ou inactivité, les problèmes de santé, etc. De surcroît, ces paramètres interagissent entre eux. Résultat : le PSE va venir renforcer ces difficultés ou au contraire, contribuer à les résoudre. Par ailleurs, l'observance des contraintes posées par le bracelet témoigne du rapport subjectif coût / bénéfice ressenti par la personne.

Propos recueillis par Nathalie Bougeard


    1. Conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation.
    2. Manifestations pathologiques dues à la mesure.
    3. Placement sous surveillance électronique mobile.


Pôle de placement sous surveillance électronique (PSE) de Rennes, le 26 juin 2012.
(Maxppp/PHOTOPQR/OUEST FRANCE/Marc OLLIVIER)


 


 
- ARRÊT SUR... -

Le projet associatif

Pour consulter le projet associatif, cliquer ci-dessus

Lors de notre assemblée générale du 27 mars dernier, nous avons, en première partie, présenté notre projet associatif, qui a ensuite été validé par l'assemblée. En effet, la ré-écriture de ce projet a constitué un enjeu et un engagement important de l'association tout au long de l'année 2013.

Vous pouvez également visionner le film réalisé à l'occasion de la présentation à l'assemblée générale, qui recueille différents témoignages de membres de l'association. http://youtu.be/IzE9xo2U7fo

Nous tenons d'ailleurs à remercier très chaleureusement Nicolas Bousquet, qui a réalisé ce support de manière bénévole.

Ce projet associatif réaffirme la volonté de l'association de se situer, en tant qu'acteur social, au sein des dynamiques et des réseaux de prévention : prévention de la récidive, mais aussi prévention de la répétition transgénérationnelle. Car ce sont bien les enfants que nous rencontrons qui sont au coeur de nos actions et de nos préoccupations. Nous appuyant sur la Convention Internationale des droits de l'enfant
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/Conv_Droit_Enfant.pdf mais aussi, notamment, sur le récent rapport rendu par la Défenseure des enfants à propos de l'intérêt de l'enfant dans la situation de séparation avec un parent incarcéré http://www.enjeuxdenfants.org/lettre_2013_Nov/docs/rapport-gt-10-10-13.pdf
nous réaffirmons l'importance capitale de porter une attention toute particulière à ces enfants pour leur permettre de grandir et de se construire avec une histoire familiale souvent difficile.

Au niveau du fonctionnement de l'association, ce projet associatif appuie sur la volonté historique d'Enjeux d'Enfants de proposer une formation initiale et continue de qualité à l'ensemble des intervenants bénévoles et salariés, afin de garantir la qualité de ses interventions dans le respect des familles que nous accompagnons.
Le projet consacre également la dynamique participative renforcée au sein de l'association : en effet, depuis quelques années, nous avons mis en place une dynamique de plus en plus participative en créant notamment des commissions mixtes, et en organisant une rencontre annuelle de tous les acteurs de l'association, ceci dans l'idée de permettre à chacun de s'exprimer, de pouvoir donner ses idées et de participer à la construction collective du développement de l'association. Si l'organisation doit permettre à chacun de sa place de garder en mouvement l'association, lui permettre de s'adapter aux besoins et définir ensemble les orientations, il ne faut pas pour autant que les places des uns et des autres se confondent.


Le projet de service...

Mettre en oeuvre ce projet au niveau organisationnel nécessite de reconstruire également notre projet de service : fonction et fonctionnement des instances et réunions de l'association, fiches de postes des salariés, organigramme, description de nos actions et du sens de leur organisation, cadre législatif et social dans lequel notre association intervient...
Ce projet de service doit prendre sens pour tous les acteurs. Il est essentiel que la cohérence de notre organisation soit la plus opérationnelle possible, pour répondre au mieux aux besoins des personnes incarcérées et leur famille. C'est un travail que nous allons réaliser sur cette année 2014, au sein d'une commission regroupant administrateurs, salariés et intervenants bénévoles.

 


 
- ON TRAVAILLE SUR... -

Les interventions de sensibilisation en milieu scolaire

Notre association considère qu'il est de notre responsabilité à tous de rappeler l'enjeu que représente la condamnation et l'incarcération d'un citoyen qui est par ailleurs en responsabilité d'éducation de ses enfants.
Sensibiliser et susciter des débats autour des incidences spécifiques de l'incarcération d'un parent pour ses enfants et sa famille est une préoccupation constante pour l'équipe d'Enjeux d'Enfants, comme le consacre l'article 2 de nos statuts :

"Cette association a aussi pour but de promouvoir toutes les actions visant à informer, former, sensibiliser à propos des incidences de l'incarcération sur la famille."

Chaque fois qu'il nous est possible de faire découvrir cette problématique particulière, nous le faisons.
Nous avons ainsi l'espoir que la cause que nous défendons progresse et que les problèmes rencontrés par les familles de détenus et les détenus eux-mêmes soient mieux pris en considération.

Ainsi, le public scolaire constitue depuis de nombreuses années un public auprès duquel nous pensons pouvoir apporter des éléments de compréhension, d'information et d'échanges.

Dans le cadre des 20 ans de l'association, un important travail avait été réalisé en interne, puis avec nos partenaires dans différents établissements scolaires à Rennes (collèges et lycées): interventions en classes puis sortie des élèves pour assister à la représentation théâtrale de la pièce "On m'appelait Lenka" (cf : rubrique "Pêle - mêle", Les actes des 20 ans).
Chaque année, le collectif d'associations rennais mettant en place des événements durant la semaine nationale des prisons (dernière semaine de novembre) intervient également en milieu scolaire.
En 2013, différentes interventions ont été proposées en collèges et lycées, en partenariat, notamment, avec l'association des étudiants du Genepi.
L'association s'est appuyée sur des outils tels que la présentation d'un court reportage montrant ce qu'est un accompagnement d'enfant en parloir; mais aussi de l'outil : "la valise du détenu". Les élèves, répartis en petits groupes, disposent d'un ensemble d'objets et doivent déterminer ce qui, à leur avis, peut entrer en prison, ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas (téléphone, survêtement, magazine, cigarettes, ceinture...).

© D. Gouray, site internet Rennes Métropole

Les retours ayant été extrêmement positifs, nous avons souhaité continuer à développer cette action, en essayant de nous adapter toujours davantage aux programmes scolaires et aux attentes des équipes enseignantes.

Un groupe « interventions scolaires », coordonné par Manon, nouvelle éducatrice spécialisée arrivée dans l'équipe en novembre dernier, et composé de plusieurs intervenants bénévoles, se réunit régulièrement depuis plusieurs mois pour reprendre le travail déjà initié, le faire évoluer et envisager la mise en place de nouvelles interventions.

Plusieurs outils ont été pensés, pour introduire et développer le thème. En effet, il parait délicat d'aborder la question du maintien des liens familiaux de façon directe, sans en passer préalablement par une sorte de « déconstruction » des représentations que les jeunes se font de la prison, des détenus...
Est donc prévu, notamment, une sorte de jeu interactif où les élèves sont invités à choisir des boules de couleur correspondant à différents thèmes en lien avec la prison, et à échanger entre eux avant de connaître la réponse :
  • Vie quotidienne
  • Santé
  • Visites : qui entre en prison ? familles, professionnels, associations.
  • Organisation de la détention
  • Sens de la peine/ alternatives
  • Relations familiales : courrier, enjeux, parloirs, téléphone, Unités de Vie Familiale, nurserie.
  • Pourquoi/Comment/Qui ?: évocation des stéréotypes concernant la personne détenue, échanges à partir de ces représentations.
Des interventions sont d'ores et déjà prévues au collège Emile Zola à Rennes en juin, auprès de 3 classes de 4èmes.

L'association a entrepris des démarches pour obtenir l'agrément auprès du rectorat, et va proposer à d'autres établissements des interventions sur l'année 2014.

 


 
- AGENDA -

  La formation d'Enjeux d'Enfants : « Parents – enfants à l'épreuve de la séparation carcérale » : une nouvelle session prévue les 1er et 2 décembre 2014




Pour connaitre le programme, cliquer ci-dessus

A partir des retours et attentes des stagiaires sur les sessions de formations menées depuis 2006 par l'Association, nous avons travaillé un contenu qui se veut au plus près des besoins des uns et des autres. C'est pourquoi nous avons également tenu à formuler deux propositions :
  • l'une, habituelle, à l'Association, sur des dates prédéfinies (suite à la session des 14 et 15 avril 2014, complète, nous ouvrons une deuxième session, les 1er et 2 décembre 2014)
  • l'autre, nouvelle, est une proposition d'intervention "sur site", soit dans une institution ou association qui en fait la demande, auprès d'une équipe, d'un service... Les dates sont alors envisagées avec vous.




  Séminaire de recherche (sans inscription)
Enfermements, Justice et Libertés dans les sociétés contemporaines







CHS XXe siècle, 9, rue Malher, bibliothèque du 6ème étage, Paris 4ème (Métro Saint-Paul).
Ce séminaire de recherche se tient, sous cette forme, depuis septembre 2007, chaque 3ème mardi du mois de 17h45 à 19h45, au Centre d'histoire sociale du XXe siècle Université Paris 1, sous la responsabilité de Pierre V. Tournier.

Disciplines concernées : anthropologie, architecture, démographie pénale, droit, économie, ethnologie, géographie, histoire, médecine, philosophie, sciences de l'éducation, sciences de l'information et de la communication, sciences du psychisme, sciences politiques, sociologie.

Prochaines séances ...
  • Mardi 17 juin 2014, 17h45, 90ème séance, M. Paul Mbanzoulou, directeur de la recherche et de la documentation de l'ENAP, La justice restaurative en France. Expériences et perspectives.
    Discutants : M. Brice Deymié, aumônier national des prisons, Fédération protestante de France, Plateforme pour la Justice restaurative et M. Hans Lefebvre, conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP de Dax). - Sans inscription -
  • Mardi 24 juin 2014, 17h45, 91ème séance Atelier « Enfermements : le point de vue des captifs » (14ème rencontre), Mme Hélène Castel présentera le projet expérimental mené à la maison d'arrêt de la Santé par l'Association « La parole est à l'accusé » (LAPAC).




  Journée Parentalité 56, à Lorient, le 15 septembre de 9h à 16h :
« Les relations familiales à l'épreuve du quotidien : se parler pour se dire et se comprendre »






Avec Isabelle FILIOZAT (psychologue). Avec un théâtre forum pour les parents.

Plus d'informations:
http://parentalite56.caf56.fr/images/parentalite56/2014/2014_9/Programme_JP_2014.pdf



  7èmes Assises nationales de la protection de l'enfance, à Lille, les 30 Juin et 1er Juillet 2014 « Face au poids du système, changeons de paradigme ».






Cette année, l'objectif est de réfléchir autrement aux limites et contradictions auxquelles se heurtent les pratiques : le poids du système, souvent mis en cause, n'est-il pas aussi entretenu par chacun d'entre nous ? Prendre le risque de regarder les choses autrement pour avancer plus décisivement, au-delà des contraintes institutionnelles... C'est ce que vous propose de faire, collectivement, cette nouvelle édition des Assises.

Les inscriptions sont d'ores et déjà ouvertes par fax au 01 53 10 24 19 ou par courrier à l'adresse suivante : Journal de l'Action Sociale – 13 boulevard Saint-Michel 75005 Paris.

Le programme:
http://anccas.fr/wp-content/uploads/2014/03/ASSISES-ENFANCE-2014.pdf


 


 
- C'EST DIT ! -

« Tout ce vécu doit laisser une trace, comme un moyen de pouvoir construire des souvenirs d'un passé plus ou moins tumultueux et de participer à une continuité d'existence indispensable pour le développement identitaire » (à propos des enfants ayant connu un parcours en protection de l'enfance).

Extrait du rapport « Gouttenoire » : « 40 propositions pour adapter la protection de l'enfance et l'adoption », publié le 11 avril.

Disponible sur le site : http://oned.gouv.fr/





Les rapports

Le magazine ASH du 18 avril 2014 a consacré un article important à ce rapport et à ses principaux contenus, et rappelle les différents travaux réalisés dans le cadre de la préparation de la « loi famille », avant son report, et qui sont rendus publics les uns après les autres.

Extrait: "Les rapports commandés sous le gouvernement « Ayrault » dans le cadre de la préparation du projet de loi « famille » – que l'on croyait enterrés à la suite du report sine die du texte – sont finalement rendus publics les uns après les autres. Après celui du groupe de travail piloté par Irène Théry intitulé « Filiation, origines, parentalité »,

puis celui qui a été rédigé sous la houlette de Jean-Pierre Rosenczveig portant sur les « Nouveaux droits pour les enfants »
http://www.rosenczveig.com/25%20janvier2014%20-%20Rapport%20final%20du%20groupe%20droit%20de%20l%27enfant.pdf

Les 40 propositions élaborées par le groupe de travail dirigé par l'universitaire bordelaise Adeline Gouttenoire, qui a planché sur le thème « Protection de l'enfance et adoption, ont également été publiées le 11 avril.

Ce groupe de réflexion avait plus précisément

« pour tâche d'appréhender les nouveaux besoins des enfants qui ne vivent plus temporairement ou à long terme avec leur famille d'origine, que ce soit dans le cadre de la protection de l'enfance ou de l'adoption.
Il devait ainsi, notamment, avancer des solutions pour sécuriser les parcours des enfants bénéficiant d'une mesure de protection de l'enfance (en termes de durée et de fréquence des placements, de maintien des fratries, de cohérence entre mesures, etc.), et envisager la modernisation, la simplification, voire la création de nouveaux statuts protecteurs pour l'enfant ».



La proposition de loi relative à l'autorité parentale

Comme annoncé, une proposition de loi reprenant une partie du projet de loi initial, concernant l'autorité parentale et la médiation familiale, a été déposée le 1er avril à l'Assemblée Nationale
http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion1856.asp

Des éléments d'explication relatifs à cette loi sont donnés sur le site du Sénat :
http://www.senat.fr/rap/l01-071/l01-0714.html

Ses principales orientations :
  • UNE DÉFINITION DE L'AUTORITÉ PARENTALE METTANT L'ACCENT SUR L'INTÉRÊT DE L'ENFANT
  • UNE HARMONISATION DES RÈGLES DE L'EXERCICE DE L'AUTORITÉ PARENTALE INDÉPENDAMMENT DU STATUT DES PARENTS
    • Un renforcement de l'exercice en commun de l'autorité parentale
    • La mise en place d'un droit commun de l'autorité parentale

Ce texte de loi a été étudié entre le 19 et le 21 mai à l'Assemblée Nationale. Il est vivement critiqué, notamment par les associations féministes, "au motif qu'il faisait l'impasse sur les situations de violences intrafamiliales, morales ou physiques" (cf : ASH du 16 mai 2014).

Pour en savoir plus : article du Monde du 19 mai 2014, par Gaëlle Dupont :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/05/19/la-loi-sur-la-famille-attise-a-nouveau-les-tensions_4421123_3224.html

 


 
- LE CHIFFRE -

41 %

C'est le pourcentage de parents incarcérés interrogés par l'association qui ont eux même connu l'incarcération de l'un de leurs proches lorsqu'ils étaient enfants...

Nous avons, au cours de l'année 2013, questionné 51 parents incarcérés, avec pour objectif de mieux cerner leur profil, mais aussi leurs besoins. Vous trouverez ici quelques résultats de cette enquête.

Le nombre de personnes interrogées est bien sûr limité, et la parole des parents nécessairement subjective. Mais il semble toutefois que les résultats soient significatifs, et qu'ils puissent nous aider dans la perception des personnes suivies et l'identification de leurs problématiques et besoins.

Nous avons constaté, ou plutôt confirmé lors de cette enquête que les personnes incarcérées sont souvent dans un schéma de répétition à l'intérieur de la famille, du moins que pour une grande partie, elles avaient déjà connu l'incarcération d'un proche. Des difficultés familiales sont exprimées, notamment dans la relation au conjoint ou ex – conjoint ; elles sont amplifiées dans les situations des personnes ayant déjà connu elles-mêmes des ruptures au sein de leur famille d'origine.

Ces résultats nous confortent donc bien dans l'idée que notre mission de prévention des répétitions est essentielle ; de plus, lorsque les personnes détenues expriment les besoins qu'ils imaginent avoir au moment de la sortie (un lieu, un interlocuteur et un moyen de transport), nous voyons bien comment notre association peut proposer des modes de réponses adaptées ; dans ce qu'elle propose déjà, mais aussi dans le projet "dedans - dehors" qu'elle développe, et qui devrait aider les parents dans ce délicat moment qu'est la sortie de prison.

Consulter les résultats de l'enquête



 


 
- PÊLE-MÊLE -

Les actes des 20 ans :


En 2012, l'association a fêté ses 20 ans, lors de divers événements qui ont rencontré un vif intérêt du public.
Nous avons réalisé les actes et deux supports de présentation de la pièce de théâtre « On m'appelait Lenka » (texte intégral de la pièce et DVD de la pièce).

Pourquoi avoir réalisé ces actes ?

Nous voulions transmettre ce qui a été dit le soir de la conférence du 9 octobre 2012, par le sociologue François de Singly et les participants de la table ronde, afin de diffuser plus largement leurs apports.
Nous avons tenu à compléter cette simple retranscription par des éléments complémentaires : articles, enquêtes et approche historique, qui permettent de situer de façon précise la création et le développement de notre association et de ses actions dans un environnement social et politique spécifique. Nous nous sommes pour cela largement inspirés d'un travail de recherche effectué par Rénald MARTIN, président de l'association entre 2000 et 2009. Car au-delà de la naissance d'une association, c'est bien de l'émergence d'une problématique et de la prise de conscience progressive du nombre de personnes, en particulier d'enfants, touchées par l'incarcération d'un proche et des répercussions de cette dernière, dont nous voulons parler ici.
Nous voulions également valoriser et pouvoir diffuser l'incroyable travail réalisé par Catherine Vigneau, auteure de la pièce « On m'appelait Lenka », écrite et représentée à l'occasion de notre anniversaire, ainsi que le partenariat avec la Compagnie 3 ème Acte. Enfin, notre association considère toujours qu'il est de notre responsabilité à tous de rappeler l'enjeu que représente la condamnation et l'incarcération d'un citoyen qui est par ailleurs en responsabilité d'éducation de ses enfants.
Sensibiliser et susciter des débats autour des incidences spécifiques de l'incarcération d'un parent pour ses enfants et sa famille est une préoccupation constante pour l'équipe d'Enjeux d'Enfants.

Les actes comprennent :
  • la retranscription de la conférence « Vivre et grandir avec un parent en prison »,
  • la présentation de l'association,
  • la présentation de la pièce : « On m'appelait Lenka », de Catherine Vigneau,
  • en annexes : documents et études concernant l'incidence de l'incarcération sur la famille.


Egalement disponibles : le livre et le DVD de la pièce « On m'appelait Lenka ».


© Dream Art's (Jason RODIER)
Lien vers le bon de commande : http://www.enjeuxdenfants.org/Bon_commande_20_ans.pdf



Le concert de Patrick Bruel :

C' est à l'écoute de la chanson de Patrick Bruel : « Je serai là pour la suite »
(http://www.youtube.com/watch?v=48sMd49wVwQ&feature=kp),
que notre association a pu réaliser à quel point le thème de cette chanson et les questions qu'il pose, étaient proches de nos sujets de préoccupations et de nos missions.
Après avoir échangé avec lui, il nous a proposé de nous soutenir, et de communiquer auprès du public présent lors de ses deux concerts rennais du 30 novembre 2013 et du 4 avril 2014, afin de soutenir l'association et témoigner de sa solidarité envers les personnes séparées par l'incarcération, en particulier les enfants, eux aussi victimes de cette situation. Il a ainsi dédicacé cette chanson, lors de son concert du 4 avril, à notre association, comme on peut le voir sur cette vidéo :




Nous l'en remercions très chaleureusement.



Journée d'étude scientifique : « Comment être parent en prison ? » - Lyon, le 11 avril 2014.

Cette journée d'étude se proposait de présenter les résultats d'une passionnante recherche de terrain, menée depuis 2012 dans trois établissements pénitentiaires dépendant de la direction interrégionale Rhône – Alpes Auvergne.

Cette recherche a permis de recueillir des données quantitatives et qualitatives, à partir de 200 questionnaires et de 5 focus group réunissant des détenus parents, pour comprendre comment les personnes détenues vivent aux plans juridique, psychologique et pragmatique leur parentalité.

En effet, l'originalité et l'un des grands intérêts de cette recherche résidaient dans le fait qu'elle ait été menée conjointement par une juriste et un psychologue (Marie Douris et Pascal Roman). Pour une association comme la nôtre, cela représente un apport essentiel en terme de données chiffrées mais aussi d'analyse fine du vécu des parents rencontrés.

La journée a également été ponctuée d'interventions diverses, notamment de Didier Houzel (« Parents en détention et parentalité partielle »), Caroline Touraut (sociologue, auteure du livre « La famille à l'épreuve de la prison », PUF 2012), mais aussi d'intervenants juristes et magistrats, qui venaient éclairer cette journée d'apports complémentaires.



L'enquête sera bientôt disponible sur le site : www.isf-lyon.fr
Il est également possible de commander les actes de cette journée, par mail : isf@univ-catholyon.fr

À l'occasion de cette journée, deux articles sont parus dans le journal La Croix du 8 avril 2014 :


Franck CRUSIAUX/REA


 


 
- LECTURES -

Eux sur la photo
Hélène GESTERN
Arlea - 2011




"Une petite annonce dans un journal comme une bouteille à la mer. Hélène cherche la vérité sur sa mère, morte lorsqu'elle avait trois ans. Ses indices : deux noms, et une photographie retrouvée dans des papiers de famille qui montre une jeune femme heureuse et insouciante, entourée de deux hommes qu'Hélène ne connaît pas. Une réponse arrive : Stéphane, un scientifique vivant en Angleterre, a reconnu son père.

Commence alors une longue correspondance, parsemée d'indices, d'abord ténus, puis plus troublants. Patiemment, Hélène et Stéphane remontent le temps, dépouillant leurs archives familiales, scrutant des photographies, cherchant dans leur mémoire. Peu à peu, les histoires se recoupent, se répondent, formant un récit différent de ce qu'on leur avait dit. Et leurs découvertes, inattendues, questionnent à leur tour le regard qu'ils portaient sur leur famille, leur enfance, leur propre vie.

Avec Eux sur la photo, Hélène Gestern nous livre une magnifique réflexion sur le secret de famille et la mémoire particulière que fixe la photographie. Elle suggère que le dévoilement d'éléments inconnus, la résolution d'énigmes posées par le passé ne suffisent pas : ce qui compte, c'est la manière dont nous les comprenons et dont nous acceptons qu'ils modifient, ou pas, ce que nous sommes."
(Mot de l'Editeur sur le site FNAC.com)


L'enfant face au traumatisme Hélène ROMANO
Dunod - 2013
Préface de Boris CYRULNIK



Les questions abordées dans cet ouvrage sont les suivantes:

Depuis quand fait-on attention aux enfants traumatisés ? C'est quoi un traumatisme ? Quels sont les différents types de traumatisme ? Le trauma, ici et ailleurs. Comment l'enfant donne sens au traumatisme ? Pourquoi tous les enfants ne réagissent pas de la même façon face à un événement traumatique ? Quelles sont les réactions possibles en immédiat ? Quelles sont les réactions possibles en différé ? Pourquoi l'enfant traumatisé se tait ? Comment accompagner l'enfant face à la mort ? Comment parler des drames à l'enfant ? (etc...)

Hélène Romano est Docteur en psychopathologie clinique, psychologue clinicienne et psychothérapeute spécialisée dans le psychotraumatisme. Elle coordonne la Cellule d'urgence médico-psychologique du 94 et la consultation de psycho traumatisme au CHU Henri Mondor à Créteil, dans le service du Pr Marty.

« Hélène Romano participe aujourd'hui à ce mouvement de recherches praticiennes qui nous expliquent qu'un événement aura des effets différents selon l'âge du blessé, selon son histoire et surtout selon son contexte familial et culturel. Grâce à ces 20 années d'expérience de terrain avec les urgentistes, cette chercheuse praticienne nous propose un tableau clair de ce que sont les enfants traumatisés et comment on peut les accompagner pour les aider à reprendre vie. Elle analyse des tableaux complets ouverts, et évolutifs, à l'opposé de l'esprit sectaire de certaines anciennes publications. Et, ce qui ne gâte rien, ce livre est agréable à lire, bien illustré par des vignettes qui permettent de comprendre aisément des idées que l'on croyait abstraites ! » (Boris Cyrulnik)

Mon papa en cage(à partir de 9 ans)
Agnès de LESTRADE
illustrations Morgan NAVARRO
Éditions Rouergue, 2014



"Loli habite dans une cité avec son petit frère Vasco et ses parents. Les fins de mois sont difficiles et bien sûr, elle aussi aimerait des tennis à la mode, des vacances loin de leur petit appartement, du steak avec ses pâtes... Mais finalement, elle est plutôt heureuse, fière surtout, d'un papa que tous les jeunes du quartier appellent « Patron ». Tout ça parce qu'il a transformé une décharge en potager... et une bande de petits caïds en jardiniers passionnés ! Mais ça, c'était avant... Avant la « catastrophe catastrophique » : son père a fait une « grosse bêtise » et se retrouve en prison... L'absence, la tristesse, la honte, la culpabilité, mais aussi l'amour, le partage, l'entraide sont ici traités avec beaucoup de sensibilité, de délicatesse et une pointe d'humour. Un petit roman tiré de faits réels qui, loin des clichés habituels sur les banlieues, transmet au passage certaines valeurs écologiques et humaines."

Catherine RICHARD, Le Télégramme, 30 mars 2014

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